Blocher et la «Basler Zeitung»: Indépendance promise aux journalistes
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Blocher et la «Basler Zeitung»Indépendance promise aux journalistes

L'éditeur de la «Basler Zeitung» (BaZ) promet que la rédaction du quotidien bâlois pourra travailler en toute indépendance.

La rédaction conteste aussi la nomination du Zurichois Markus Somm à la tête du journal.

La rédaction conteste aussi la nomination du Zurichois Markus Somm à la tête du journal.

Martin Wagner, l'éditeur de la BaZ, a ainsi répondu mardi à une lettre ouverte des journalistes de la BaZ inquiets de l'arrivée de Christoph Blocher comme conseiller du groupe de presse.

La rédaction a rencontré Martin Wagner mardi matin. Elle avait envoyé lundi une lettre ouverte à l'éditeur pour formuler des exigences et lui demander des explications. Un porte-parole de la rédaction a annoncé un communiqué pour la fin de l'après-midi.

Dans la lettre ouverte, la rédaction dénonce une «prise d'influence politique» qui «menace la crédibilité et l'indépendance journalistique des rédacteurs». Elle exige que l'éditeur rende publique la nature des liens d'intérêts et de propriété du journal.

Conseil «purement industriel»

Martin Wagner a indiqué à l'ATS que Christoph Blocher et sa société Robinvest AG ne fourniront au groupe de presse Basler Zeitung Medien Gruppe (BZM) qu'un conseil «purement industriel». Il n'influencera pas le contenu rédactionnel du journal.

Comme éditeur, son intérêt est de réaliser un «rendement respectable» pour assurer un avenir à cette entreprise actuellement déficitaire. Le centre d'impression du groupe n'utilise pas toutes ses capacités. Le budget 2011 n'est pas encore bouclé.

La rédaction conteste aussi la nomination du Zurichois Markus Somm à la tête du journal. Les rédacteurs appellent à «réétudier la collaboration» avec cet ancien rédacteur en chef adjoint de la «Weltwoche» - magazine proche de l'UDC - et biographe de Christoph Blocher.

Attaque contre la BaZ

L'article de la «NZZ am Sonntag» sur l'engagement de Christoph Blocher comme conseiller a provoqué des remous. Selon Martin Wagner, c'est une attaque contre la BaZ.

L'éditeur conteste toute prise d'influence de Christoph Blocher sur la BaZ. Si quelqu'un peut prouver que le vice-président de l'UDC influence le quotidien, alors Martin Wagner prendra ses responsabilités et agira, affirme-t-il.

La crainte de voir la BaZ devenir un instrument de l'UDC a provoqué de nombreuses réactions. Les lettres de lecteurs et les blogs fourmillent de commentaires et d'annonces de résiliations d'abonnements au journal.

L'écrivain Guy Krneta a lancé sur sa page internet un appel pour la création d'un journal indépendant à Bâle. Intitulé «Rettet Basel!» (Sauvez Bâle!), le texte a déjà été signé par plusieurs milliers de personnes.

(ats)

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