Actualisé 10.08.2007 à 12:27

Infirmières bulgares: cas de torture

La Fondation Kadhafi a reconnu que les infirmières et le médecin bulgares détenus durant huit ans en Libye ont été torturés lors de leurs interrogatoires.

Sofia envisage de déposer plainte contre Tripoli pour ces mauvais traitements.

«Nous avons déjà parlé depuis plusieurs années d'abus et nous avons révélé des cas de torture au monde entier», a dit vendredi une source de la Fondation présidée par le fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Seif Al-Islam. «La justice a décidé autrement et nous respectons son jugement», a ajouté cette source.

Seif Al-Islam avait lui-même reconnu jeudi que les six détenus avaient été torturés. «Il y a beaucoup de mensonges» dans les déclarations du médecin d'origine palestinienne Achraf Alhadjoud, qui affirmait avoir été torturé dans les geôles libyennes, a-t-il affirmé dans une interview à la chaîne de télévision Al-Jazira.

«Mais cela ne signifie pas qu'il n'y a pas eu de torture. Il y a eu torture par l'électricité. Ils leur ont fait peur. C'est-à-dire qu'il y a eu une menace d'agression contre sa famille», a précisé Seif al-Islam.

Enquête en Bulgarie

Les cinq infirmières et le médecin bulgares avaient été condamnés à mort sous l'accusation - contestée - d'avoir délibérément inoculé le virus du sida à plus de 400 enfants, dont 56 sont décédés. Ils ont finalement été extradés le 24 juillet et ont bénéficié d'une grâce présidentielle à leur arrivée en Bulgarie.

Deux des infirmières ont témoigné, vendredi à Sofia, des séances de tortures auxquelles ils ont été soumis en Libye, a annoncé une commission bulgare d'enquête. En raison des vacances judiciaires, les trois autres infirmères déposeront en septembre.

Plainte envisagée

«Nous sommes à la recherche de la vérité», a expliqué un porte- parole du parquet. Ce dernier envisage de poursuivre les Libyens devant un tribunal bulgare dans l'hypothèse où suffisamment de charges sont retenues contre eux. Aux termes de la législation bulgare, les geôliers libyens sont passibles d'une peine pouvant aller jusqu'à six ans de prison en cas de culpabilité.

M. Hajouj, a lui récemment déclaré à la presse néerlandaise qu'il envisageait de poursuivre le président libyen Mouammar Kadhafi pour prise d'otage. Selon un de ses avocats néerlandais, il envisage de porter plainte devant un organisme de défense des droits de l'homme de l'ONU.

(ats)

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