Ingrid Betancourt: bientôt une preuve qu'elle est vivante
Actualisé

Ingrid Betancourt: bientôt une preuve qu'elle est vivante

Le chef des FARC a promis de fournir une preuve de vie d'Ingrid Betancourt «avant la fin de l'année», a assuré Hugo Chavez. Le président vénézuélien est arrivé les mains vides à l'Elysée, malgré ses promesses.

Engagé dans une médiation avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie, Hugo Chavez avait répété à plusieurs reprises qu'il «espér(ait) pouvoir apporter une preuve de vie» de la sénatrice franco-colombienne, détenue depuis plus de cinq ans dans la jungle colombienne.

La dernière preuve de vie -une vidéo- remonte à 2003. D'où l'insistance de Paris et de la famille à obtenir une preuve que Mme Betancourt est encore vivante avant d'engager d'éventuelles négociations sur un échange humanitaire entre des rebelles emprisonnés en Colombie et les otages des FARC.

«Ingrid est vivante. J'en suis absolument certain», a assuré Hugo Chavez, se disant «très optimiste», à l'issue de son déjeuner de travail avec Nicolas Sarkozy. «Nous avons reçu une lettre de M. Marulanda par le biais de (la sénatrice colombienne Piedad) Cordoba dans laquelle le chef des FARC s'engage à fournir une preuve de vie avant la fin de l'année», a-t-il annoncé.

Côté français, on ne cachait pas une certaine déception mardi. Selon son porte-parole David Martinon, Nicolas Sarkozy a «pris note des assurances données par les FARC au président Chavez que des preuves de vie des otages seraient rapidement fournies, tout en regrettant que ces nouvelles promesses n'aient pas encore été suivies d'effet».

Le président français «a rappelé que ces preuves de vie étaient indispensables, à la fois pour être rassuré sur le sort des otages et pour s'assurer de la sincérité des FARC à rechercher une solution humanitaire». Selon M. Martinon, Nicolas Sarkozy a «encouragé le président Chavez à poursuivre ses efforts, en soulignant la nécessité de rester en contact étroit avec les autorités colombiennes».

Signe d'une certaine impatience, la Colombie a fixé comme date-butoir le mois de décembre aux efforts de médiation d'Hugo Chavez. «L'impatience n'est pas bonne conseillère», a rétorqué le président vénézuélien. «Je dois parler à M. Uribe pour clarifier la situation» mais «il faut de la patience (...) Nous, en trois mois, nous avons réussi des choses qu'on n'avait jamais réussies en cinq ans», a-t-il rappelé.

Yolanda Pulecio a salué de «très bonnes nouvelles», à l'issue de l'entretien de la famille d'Ingrid Betancourt avec Nicolas Sarkozy. «Le président Chavez est sûr qu'Ingrid est vivante, qu'il n'y a pas de doute et que les preuves arrivent», a souligné la mère de la sénatrice franco-colombienne. «Je sais que cela prend beaucoup de temps. C'est très difficile la jungle, c'est très compliqué (...) Il faut avoir un petit peu de patience mais elles vont arriver», voulait-elle croire.

«La parole que la guérilla a donnée à Chavez, c'est important. La parole qu'Hugo Chavez a donnée au président Sarkozy, c'est aussi très important», a-t-elle souligné. «Et pour nous c'est très rassurant.»

Plus prudente, la fille de MmeBetancourt, Mélanie Delloye-Betancourt, a salué une situation «positive par rapport à ce qu'elle a été au cours des dernières années». «Le président Chavez nous assure que maman est en vie. Il en est sûr. Maintenant nous avons tout de même besoin d'une preuve de vie», a-t-elle insisté.

«Bien sûr, c'est vrai que c'est parfois dur d'être patient, mais on attend cette preuve de vie», a-t-elle ajouté. «Maintenant, la balle est quand même dans le camp des FARC. On attend de leur part une preuve de vie. Marulanda, le chef des FARC l'a promis. On attend vraiment de lui qu'il tienne sa promesse.» (ap)

Ton opinion