Profession à revaloriser: Initiative contre la pénurie de médecins de famille lancée
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Profession à revaloriserInitiative contre la pénurie de médecins de famille lancée

L'Association des médecins de famille a lancé jeudi à Berne une initiative populaire visant à lutter contre le risque de pénurie de généralistes en Suisse.

La Confédération et les cantons sont appelés à encourager cette profession, avec en toile de fond également la perspective de réaliser des économies dans le domaine de la santé.

Sur la base d'études récentes, l'Association des médecins de famille et de l'enfance Suisse fondée à la mi-septembre table sur un futur manque dramatique de professionnels dans ce domaine en Suisse. Ces prochaines années, il en faudra des milliers de plus rien que pour compenser les départs à la retraite, a expliqué devant les médias à Berne Peter Tschudi, président du comité d'initiative. Et l'augmentation de l'espérance de vie va encore faire croître les besoins.

Or à peine un étudiant en médecine sur dix souhaite devenir généraliste. Par ailleurs le temps partiel tend à augmenter, notamment en raison de la forte proportion de femmes.

Les initiants déplorent l'échec jusqu'ici des démarches politiques pour répondre à ce besoin. Avec le texte «Oui à la médecine de famille», ils veulent garantir une couverture médicale de base à long terme. La profession de médecin de famille doit être revalorisée. Il s'agit notamment d'obliger la Confédération et les cantons à la considérer comme une «composante fondamentale des soins de base» et à tendre vers une répartition régionale équilibrée. Cela implique notamment l'amélioration de la formation de base et continue, le développement et une meilleure indemnisation des activités diagnostiques, thérapeutiques et préventives des médecins de famille, ainsi que l'amélioration du cadre financier.

Selon Peter Tschudi, cela permettra aussi de faire des économies. «Les médecins de famille peuvent résoudre 90% des problèmes de leurs patients dans leur propre cabinet». On s'épargne ainsi des analyses complémentaires coûteuses auprès de spécialistes.

Le ministre de la santé Pascal Couchepin se montre de son côté sceptique concernant les économies potentielles. Les généralistes ne sont qu'une petite partie du problème, a déclaré jeudi le conseiller fédéral dans le cadre de sa conférence de presse sur l'évolution annuelle des primes maladie.

Selon le comité d'initiative, la Fédération des médecins suisses (FMH) appuie aussi le texte. Les initiants se sont fixés comme objectif de déposer leur texte le 1er avril prochain lors de la 5e Journée de la médecine de famille. Ils doivent pour cela réunir 100.000 signatures. (ap)

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