Genève - Initiative lancée pour changer le bitume en verdure
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GenèveInitiative lancée pour changer le bitume en verdure

Des associations et la gauche veulent à terme végétaliser et attribuer à la mobilité douce en zones urbaines 10 % des espaces dévolus au trafic motorisé.

par
David Ramseyer
Une traîne végétale a recouvert le bitume, lors d’une performance artistique réalisée pour le lancement de l’initiative. (Performance: «Halo de fraîcheur», par Neopost Foofwa)

Une traîne végétale a recouvert le bitume, lors d’une performance artistique réalisée pour le lancement de l’initiative. (Performance: «Halo de fraîcheur», par Neopost Foofwa)

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«La crise climatique est là, des actions radicales sont nécessaires», a lancé Myriam, militante de la Grève du Climat. «Une nouvelle vision de la ville s’impose», a rebondi Julien, au nom d’associations d’habitants. Le duo s’est exprimé jeudi lors du lancement de l’initiative populaire législative cantonale «Climat urbain». Porté par Actif-trafic - avec le soutien d’une quinzaine d’associations, des partis de l’Alternative et des Vert’libéraux -, le texte entend verdir l’asphalte dans les zones urbaines des treize communes genevoises de plus de 10’000 habitants.

Population des communes genevoises de plus de 10’000 habitants, fin 2020.

Population des communes genevoises de plus de 10’000 habitants, fin 2020.

Office cantonal de la statistique (OCSTAT)

Dans ces municipalités, chaque année durant 10 ans, 1% des voies accessibles au trafic motorisé serait pour moitié végétalisé, et pour l’autre moitié, attribué à la mobilité douce. Un rythme de croisière qui a l’avantage d’offrir une «transition graduelle, sans taxe ni impôt», ont affirmé les partisans du texte. Au bout d’une décennie, la surface globale ainsi modifiée équivaudrait selon eux à 50% du tarmac de l’aéroport. Enfin, l’initiative prévoit que le Canton garantira la préservation de la végétation existante en zone urbaine, et qu’il abandonne l’actuel système de compensation des places de parc supprimées en surface.

Un «non-sens absolu»

«Notre objectif est de lutter contre les causes et les conséquences du réchauffement climatique, a appuyé Thibault Schneeberger, cosecrétaire d’Actif-trafic pour la Suisse romande. En ville, avec une hausse moyenne des températures qui pourrait atteindre jusqu’à 7 °C d’ici à 2080, il faut réduire les îlots de chaleur. La végétalisation y contribuera. La réduction du trafic motorisé fera aussi diminuer les émissions de CO₂.» Présidente de la section genevoise de l’Association transports et environnement, Caroline Marti a pour sa part estimé que l’initiative répondait aux préoccupations de la population: «Plusieurs récents scrutins et votations ont démontré l’inquiétude des citoyens quant à l’avenir de la planète. Par ailleurs, la pratique du vélo et de la marche a explosé.»

Le Touring Club Suisse-Genève n’a pas souhaité se prononcer. Il entend d’abord prendre connaissance des détails de l’initiative avant de s’exprimer. De son côté, le député UDC Stéphane Florey a qualifié le texte de «non-sens absolu». Selon lui, «s’attaquer à la voiture» ne constitue pas une bonne approche: «Il faut plutôt se concentrer sur la transition énergétique et le renouvellement du parc automobile, qui permettra à l’avenir d’avoir des véhicules propres, écologiquement parlant.»

Actions partout en Suisse

Plusieurs initiatives semblables à celle dévoilée jeudi au bout du lac ont déjà été lancées de l’autre côté de la Sarine. Plus précisément en villes de Zurich, Bâle et Winterthour (ZH), où les récoltes de signatures sont en cours. À Saint-Gall, un texte a d’ores et déjà été déposé. Enfin, une initiative pour végétaliser le bitume et offrir plus d’espace à la mobilité douce devrait être lancée en ville de Berne l’année prochaine. À Genève, les auteurs de l’initiative populaire législative cantonale ont jusqu'à fin août pour récolter 5398 paraphes.

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