Actualisé 14.02.2011 à 08:09

Armes à domicileInitiative rejetée à 56,3%

Les citoyens suisses pourront conserver leur arme militaire à la maison. Le peuple a rejeté dimanche l'initiative de la gauche «Pour la protection face à la violence des armes».

Pas de révolution au pays de Guillaume Tell: les citoyens suisses pourront conserver leur arme militaire à la maison. Le peuple a rejeté dimanche à une majorité de 56,3% l'initiative de la gauche «Pour la protection face à la violence des armes». Le texte exigeait le dépôt obligatoire des armes militaires à l'arsenal et la création d'un registre national des armes à feu. Seuls six cantons ont dit oui. Le scrutin a fait apparaître un certain clivage ville-campagne. La participation a atteint près de 49%.

L'arme sous le lit, une pratique obsolète à jeter aux oubliettes au nom de la sécurité, pour la gauche. Un coup d'épée dans l'eau et une attaque frontale contre un fondement de l'armée de milice et de la confiance envers les citoyens, pour la droite. Dans ce scrutin à valeur hautement symbolique, le non à l'initiative l'a emporté finalement un peu plus nettement qu'attendu à la majorité du peuple. Et seuls six cantons ont fait confiance au camp rose-vert pour améliorer la sécurité.

Campagne émotionnelle

Après une campagne très émotionnelle, où les sondages ont longtemps donné l'initiative victorieuse, le coup de rein final des opposants a payé. Une démarcation assez nette apparaît entre la Suisse romande, où quatre cantons acceptent, et la Suisse alémanique, où seuls Bâle-Ville et Zurich ont dit oui.

Mais même dans les cantons traditionnellement antimilitaristes, l'initiative censée contribuer à réduire les suicides et les meurtres n'a pas soulevé l'enthousiasme. Le Jura ne dit oui qu'à 52%. Genève, champion national du oui, ne dépasse pas 61% de voix favorables. Vaud approuve à 53,7% et Neuchâtel à 53,2%. Le non l'emporte avec 61,9% des voix en Valais et 58,9% dans le canton de Fribourg.

(ats)

Une participation honorable

La question des armes a mobilisé les Suisses dimanche. La participation au niveau fédéral a atteint quelque 49,2%. C'est toutefois moins que le 28 novembre lorsque les votants devaient se prononcer sur le renvoi des criminels étrangers (53% de participation) et la fiscalité (52%).

Comme d'habitude, les électeurs schaffhousois, qui sont obligés de voter, ont été les plus assidus (64,6%). La mobilisation a aussi été relativement forte à Obwald (53,9%), à Zoug (53,6%) et à Nidwald (52,6%). Plus de la moitié des votants se sont rendus aux urnes à Lucerne, Schwyz et Appenzell Rhodes-Extérieures.

Idem en Valais (50,8%) et à Berne (52,6%). Les Bernois devaient aussi se prononcer sur le remplacement de la centrale nucléaire de Mühleberg et élire une personne pour succéder à Simonetta Sommaruga au Conseil des Etats.

Mauvais élève jurassien

La plus mauvaise participation vient du Jura (39,2%) suivi de Glaris (41,7%) et d'Uri (43,6%). En Suisse romande, elle atteint 46,6% à Fribourg, 49,3% dans le canton de Vaud, 46,8% à Neuchâtel et 47,8% à Genève.

Ces dernières années, la participation a fluctué autour des 45%. Outre le renvoi des criminels étrangers, l'interdiction des minarets et le libre-circulation des personnes ont poussé plus de la moitié des votants à exprimer leur opinion. En revanche, seuls quelque 35,5% des citoyens suisses ont voté sur la révision de la loi sur l'assurance chômage en septembre dernier.

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