26.08.2020 à 14:14

GenèveInitiative «Zéro pertes!» en campagne

À Genève, la gauche a lancé la campagne sur l’initiative «Zéro pertes!", en votation le 27 septembre. Le texte vise à préserver le financement des services publics et des prestations à la population.

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«La crise sanitaire a mis en lumière les trous béants dans le filet social» explique Davide De Filippo, président de la Communauté genevoise. (image d’illustration)

«La crise sanitaire a mis en lumière les trous béants dans le filet social» explique Davide De Filippo, président de la Communauté genevoise. (image d’illustration)

Keystone

L’initiative «Zéro pertes!" avait été lancée après le rejet populaire de RIEIII en 2017, afin de fixer un cadre à la future réforme fédérale de l’imposition des entreprises. RFFA, et sa déclinaison cantonale avec un taux unique d’imposition des personnes morales de 13,99% dès 2020, a été acceptée en votation en 2019.

«L’initiative reste pertinente. Nous sommes dans les prémices d’une crise économique sans précédent du fait de la pandémie», a déclaré devant les médias Davide De Filippo, président de la Communauté genevoise d’action syndicale. «La crise sanitaire a mis en lumière les trous béants dans le filet social et a eu un impact fort sur l’emploi», a-t-il relevé. Le texte vise à mettre un frein aux cadeaux fiscaux.

Selon lui, l’Etat doit intervenir de manière importante pour lutter contre la paupérisation de la population, que ce soit en soutenant les entreprises et donc les salaires ou ayant les moyens de faire face à une hausse des dépenses contraignantes liées aux subsides et allocations. «Il faut une meilleure redistribution des richesses», indique le syndicaliste.

Femmes touchées

«Les réformes fiscales ont profité aux plus grandes fortunes et entreprises», a dénoncé Jean Burgermeister. Le député d’Ensemble à Gauche chiffre la perte cumulée de recettes fiscales à 1 milliard de francs par an pour l’Etat de Genève. Avec pour conséquences des coupes budgétaires, mais aussi une pression sur les salaires des fonctionnaires puis dans le privé, note Geneviève Preti, du Cartel intersyndical de la fonction publique.

Les mesures d’économies touchent également les effectifs et la qualité des prestations, selon Sonia Pignat, du Syndicat des services publics: aux Hôpitaux universitaires de Genève, la sous-dotation en personnel génère une usure et un taux d’absentéisme d’environ 9% par an, tout en impactant la prise en charge des patients.

«Un service public fort est indispensable pour la qualité de vie des femmes», a poursuivi Françoise Nyffeler, du Collectif genevois pour la grève féministe. D’une part, parce qu’une majorité de femmes travaille dans la fonction publique où elles ont des emplois moins rémunérés. De l’autre, parce qu’elles doivent pouvoir compter sur des services qui les déchargent d’une partie de leurs tâches familiales.

Ressources publiques nécessaires

Petite enfance, parascolaire, voirie, police de proximité, espaces verts et soutien aux personnes âgées: ces services sont assurés par les communes, a rappelé la conseillère administrative d’Onex Carole-Anne Kast. Selon la socialiste, RFFA fait perdre à sa ville 1 million de francs par an, l’empêchant de créer les 250 places de crèches manquantes.

Pour les Verts, il ne sera pas possible de faire face à l’urgence climatique et sociale sans ressources publiques. «On va demander une hausse des recettes fiscales», a fait savoir le député Jean Rossiaud, qui rappelle qu’il faudra des investissements énormes pour transformer toutes les politiques publiques et arriver à la neutralité carbone en 2050.

«Zéro pertes!» entend aussi lutter contre la concurrence fiscale intercantonale. «La fiscalité n’est pas le seul moyen pour attirer des entreprises dans le canton. Il faut aussi des infrastructures", estime Jean Burgermeister.

(ATS/NXP)

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