Initiatives fédérales contre la violence des jeunes
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Initiatives fédérales contre la violence des jeunes

Les initiatives prises par la Confédération pour lutter contre la violence des jeunes surprennent les cantons qui se disent compétents en la matière.

Ministre de la justice à St-Gall, Karin Keller-Sutter s'étonne de la création d'un groupe de travail au niveau fédéral.

«Nous n'en avons pas été informés», affirme la vice-présidente de la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police dans une interview à la «NZZ am Sonntag». C'est d'autant plus étonnant, selon elle, que la collaboration entre le Département fédéral de justice et police et les cantons est étroite.

Beaucoup a déjà été fait

Les cantons sont toutefois ouverts à de bonnes propositions de la part des autorités fédérales, a ajouté Mme Keller-Sutter. La directrice saint-galloise de justice et police rappelle toutefois que cantons et communes ont déjà beaucoup entrepris depuis des années dans ce domaine.

Cela va des mesures répressives de police à la professionnalisation des intervenants dans l'encadrement des jeunes, en passant par la prévention, notamment à l'école. A ses yeux, le problème n'est pas que rien n'a été fait, mais plutôt qu'on ignore encore quels sont exactement les effets des mesures prises.

St-Gall plus dur

Depuis le début de l'année, le canton de St-Gall a par exemple pris des mesures draconiennes vis-à-vis des jeunes criminels étrangers. Pour de graves délits pénaux, l'Office cantonal des étrangers a demandé l'expulsion de plusieurs adolescents et jeunes adultes en cause.

Mme Keller-Sutter a confirmé dimanche à l'ATS une information dans ce sens de la «SonntagsZeitung». Les jeunes concernés ont tous moins de 22 ans. Ils ont commis de graves délits, tels des brigandages ou des viols. Certains sont en outre des récidivistes.

Le but de cette mesure est de faire intervenir plus vite que jusqu'à présent l'Office cantonal des étrangers, a précisé la conseillère d'Etat. Après avoir eu connaissance d'un jugement pénal, l'office peut ordonner l'expulsion, sous réserve des voies de recours usuels.

Le durcissement de la pratique st-galloise doit donner un signal. Les bases légales actuelles suffisent à expulser des criminels étrangers, a précisé la directrice de la justice et de la police de St-Gall.

Patrouilles de police à l'école

Karin Keller-Sutter ne croit personnellement pas que des patrouilles de police dans les écoles résolvent les problèmes, comme l'avait suggéré Christoph Blocher il y a une semaine. Dans une interview à la presse dominicale, le conseiller fédéral avait estimé que dans des cas exceptionnels de violence juvénile, une telle présence policière à l'école pouvait se justifier.

La violence des jeunes doit constituer un des thèmes des prochains entretiens de Watteville vendredi prochain entre le Conseil fédéral et les partis gouvernementaux. (ats)

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