Actualisé 18.05.2019 à 15:58

Pas de Nikles en simple à GenèveInjustice à l'Open: «Ils ont dû changer leurs plans»

Le Genevois Johan Nikles avait gagné sur le terrain sa wild card pour les qualifications. Il a dû laisser sa place à Dimitrov. Le milieu est choqué.

von
Mathieu Aeschmann

Les amateurs de tennis initiés n'ont pas compris. Ils étaient venus ce samedi au parc des Eaux-Vives pour admirer Grigor Dimitrov et soutenir Johan Nikles (666 ATP, 92 ITF). Or stupeur et incompréhension, le meilleur joueur genevois était introuvable dans le tableau des qualifications. Une absence surprenante puisque celui qui s'entraîne désormais à l'académie de David Ferrer avait remporté le tournoi de pré-qualification, organisé chaque année au centre national de Bienne. Son prix? Une invitation pour les qualifications du Banque Eric Sturdza Geneva Open.

Que s'était-il passé? À mesure que l'étonnement grandissait sur les réseaux sociaux, le joueur a donné une rapide explication via Twitter, samedi matin. «Ils (les organisateurs) ont dû changer leurs plans J'espère que Dimitrov fera mieux que moi.» En d'autres termes, la demande tardive du Bulgare n'a pu être acceptée qu'en «sacrifiant» une des cinq invitations à disposition du tournoi (3 pour le tableau principal, 2 en qualifications). Or c'est le régional de l'étape qui a dû faire de la place.

«Scandaleux», «injuste», réagit depuis quelques heures le petit monde du tennis suisse. Comment un tournoi – voulu par Ion Tiriac et Marc Rosset - dont l'existence même repose sur l'obtention d'une invitation peut-il être ainsi vidé de sa substance? «Cette situation est regrettable et je sais que Rainer (Schüttler, le co-propriétaire), qui a été joueur, la déplore, réagit Marc Rosset. Mais elle est la conséquence d'une situation inédite, avec une pluie de forfaits et la nécessité pour le tournoi d'accepter un joueur du calibre de Dimitrov.»

Et le directeur sportif du Geneva Open de réagir à l'injustice faite à Johan Nikles. «S'il n'avait rien reçu pour sa victoire, cela aurait en effet été scandaleux. Mais en réalité, il va recevoir une invitation en double, très probablement avec Nenad Zimonjic (42 ans, ex-No 1 mondial). Cela lui garantit de l'argent et il reçoit l'hospitalité durant la semaine. Ce n'est pas rien. Par ailleurs, je vous demande ce que Swiss Tennis fait pour le tournoi depuis sa renaissance?»

Pas grand-chose, en effet; voire rien. Mais le débat porte ici sur la personne de Johan Nikles, lequel vit un magnifique premier semestre (deux finales en Futures) et pour qui les six points ATP d'une victoire en qualifications auraient pu booster sa carrière. Or si le «sacrifice» du Genevois n'apparaît pas totalement scandaleux d'un point de vue sportif au regard du pedigree de Grigor Dimitrov, il en va tout autrement lorsque l'on analyse les autres «wild cards» offertes par l'organisateur.

En qualifications, Marko Miladinovic (557 ATP, 288 ITF) n'a pas fait mieux qu'un quart de finale en Future. Et dans le tableau final, Feliciano Lopez (37 ans) gère une fin de carrière en pente douce (3 matches gagnés sur le grand circuit en 2019) tandis que Janko Tipsarevic (34 ans, 317 ATP) n'en finit pas d'étirer un come-back infructueux. Ces invitations suivent-elles une logique sportive? Bien sûr que non puisque Felicano Lopez est le vice-directeur du tournoi de Madrid (propriété d'Ion Tiriac) et Janko Tipsarevic le beau-frère de Rainer Schüttler.

«Est-ce que ce tournoi a bien lieu en Suisse?, s'interroge ainsi Matthieu Amgwerd, co-entraîneur d'Antoine Bellier sur son compte Facebook. Où est la place pour les jeunes? Vu qu'il est devenu si difficile d'obtenir des points ATP, si tous les directeurs de tournoi font comme celui de Genève, peu de jeunes sortiront.» Voilà ce qui choque le plus dans l'injustice qui a touché ce samedi Johan Nikles.

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