Inondations à Jakarta: on craint les épidémies
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Inondations à Jakarta: on craint les épidémies

Le niveau des eaux a baissé dans certains quartiers de la capitale indonésienne, Jakarta. Les autorités craignent toutefois des épidémies parmi les 340.000 personnes déplacées.

Les inondations ont fait une quarantaine de morts depuis le début février, selon des bilans provisoires. De très nombreuses personnes ont péri noyés ou électrocutés.

Evaluer le coût

Les commerçants tentaient mardi d'évaluer le coût économique de ces inondations qui ont provoqué des coupures de courant, perturbé les télécommunications et condamné de nombreux axes routiers.

De hauts responsables politiques se sont rendus auprès des habitants inondés tandis que les médias dénoncent le manque de préparation des autorités, auxquelles ils reprochent de n'avoir pas tiré des leçons des inondations tout aussi dévastatrices survenues il y a cinq ans.

Lutte contre les maladies

Tini Suryanti, des services de santé de Jakarta, a déclaré que le personnel médical se concentrait sur la lutte contre les maladies. «Nous devons être vigilants face aux cafards et aux rats. Les gens doivent se laver au savon», a-t-il dit. Les stocks d'antibiotiques dans la ville sont particulièrement réduits, selon le «Jakarta Post».

Le centre semblait mardi relativement peu inondé, même si les eaux boueuses peuvent apparaître et refluer rapidement, car le trop- plein d'eau des zones d'altitude se déverse dans les rivières arrosant la capitale.

Trois mètres d'eau

La situation dans les secteurs de la ville proche de la rivière Ciliwung ne s'est pas améliorée. Au total, banlieues comprises, Jakarta compte quelque 20 millions d'habitants.

Dans le quartier de Kampung Melayu, dans l'est de la capitale, les rues sont toujours envahies par trois mètres d'eau. «Jakarta compte 44 districts, dont 40 sont inondés», a déclaré un responsable du centre de crise.

Président sur place

Le président Susilo Bambang Yudhoyono s'est rendu depuis la semaine dernière dans plusieurs secteurs touchés, mais certains estiment que les moyens déployés pour faire face à la catastrophe sont insuffisants.

«C'est comme une faveur qu'il nous fait, pour montrer qu'il se soucie du sort des petites gens. Ce qu'il doit prouver, c'est qu'il peut modifier fondamentalement ce qui doit l'être», a déclaré le député et ancien ministre Muhammad Hikam.

Manque de planification

Des écologistes ont ainsi dénoncé le manque de planification urbaine dans cette ville où un boom immobilier parfois anarchique a suivi la crise financière des années 1990.

Des pluies abondantes sont tombées dans la nuit de lundi à mardi sur la ville, puis le ciel s'est éclairci dans la journée. D'importants bouchons persistaient sur les axes où l'on pouvait circuler, et plusieurs gares restaient inondées.

Dans certains supermarchés, des clients inquiets de la situation ont acheté quantité de produits de première nécessité. L'ambassade des Etats-Unis a recommandé aux ressortissants américains de garder à leur disposition chez eux des stocks de vivres et d'eau potable.

Sur le plan économique, on craint que les inondations n'attisent l'inflation, mais la banque centrale a, comme on s'y attendait, abaissé mardi son taux d'intérêt directeur.

(ats)

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