Démarchage: Insulté au téléphone par un vendeur d'assurances
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DémarchageInsulté au téléphone par un vendeur d'assurances

Après le harcèlement, de plus en plus de gens récoltent des insultes lorsqu'ils refusent un appel publicitaire.

par
Pauline Rumpf
Le ton peut monter lorsqu'un démarcheur réalise qu'il ne vendra pas de contrat.

Le ton peut monter lorsqu'un démarcheur réalise qu'il ne vendra pas de contrat.

Sus_angel

«Connard», «vieux con»... Certains démarcheurs téléphoniques dérapent lorsqu'ils réalisent qu'ils ne vendront pas de contrat. C'est ce qui est arrivé à Niels, qui possède pourtant un boitier censé les filtrer.

«Je réponds, et une dame me sort le baratin habituel que chaque Suisse entend au moins 5 fois par semaine, raconte-t-il. Je l'interromps calmement et lui dis que, désolé, je n'ai pas besoin de ça. Et là, la dame me dit «connard» et me raccroche au nez.» Choqué, le trentenaire rappelle, mais le numéro n'existe plus. Il poste son histoire sur Facebook et récolte plusieurs témoignages du même genre.

Double plainte pénale possible

«Ça arrive souvent, mais plutôt lorsqu'on tente de prendre le contrôle de la conversation. Il faudrait juste refuser et raccrocher», selon Valérie Muster, juriste à la Fédération romande des consommateurs (FRC). Une double plainte pénale est possible, pour l'appel indésirable ainsi que pour l'insulte, précise-t-elle.

Mais les chances d'aboutir sont faibles. Souvent situés à l'étranger, les call-centers parviennent à modifier fréquemment leur numéro pour être difficiles à tracer. Ils réussissent ainsi à passer à travers les mailles des filtres mis en place depuis quelques mois par Swisscom, VTX ou Netplus.

Supprimer la ligne fixe

Les assureurs redoutent un dégât d'image et une interdiction totale. Leur faîtière Santésuisse a élaboré un accord destiné à collaborer seulement avec des intermédiaires de qualité, et demandé que la loi bannisse le démarchage non sollicité. Mais pour Niels, la réponse pourrait bien être la suppression de sa ligne fixe.

Ce qui pourrait changer

Plusieurs entreprises de télécommunication ont déjà mis en place des filtres relativement efficaces, estime Valérie Muster, et d'autres pourraient suivre. Le ressenti des clients est plutôt bon, affirme la juriste de le FRC, qui craint cependant le développement des techniques des démarcheurs. Le spoofing consiste à usurper un numéro connu du destinataire, afin qu'il réponde. «Ils risquent aussi de passer du fixe au mobile», affirme-t-elle, ce que craint notamment Niels: «je voyage beaucoup, ça pourrait donc me coûter une fortune pour rien.»

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