Actualisé 25.02.2011 à 11:10

Crise en LibyeIntensification «alarmante» de la répression

La haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay s'est inquiétée vendredi de l'intensification «alarmante» de la répression contre la révolte populaire en Libye.

«En violation continuelle des lois internationales, la répression en Libye contre des manifestants pacifiques s'intensifie de manière alarmante», a expliqué Mme Pillay faisant état de «tueries de masse, d'arrestations arbitraires, de détentions et tortures de manifestants».

«Selon certaines sources, des milliers de personnes ont peut-être été tuées ou blessées», a-t-elle ajouté en ouvrant la session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme de l'ONU consacrée à la situation en Libye.

Volonté de suspendre la Libye

Le Conseil des droits de l'homme a ouvert vendredi une session extraordinaire à Genève pour condamner les violations massives en Libye et créer une commission d'enquête internationale. Le projet de résolution présenté par l'Union européenne (UE) prévoit de suspendre Tripoli du Conseil.

Le texte présenté par la Hongrie au nom de l'UE dispose d'un large soutien, ont indiqué des sources diplomatiques. La Suisse soutient ce projet de résolution.

Il condamne des violations massives et systématiques des droits de l'homme en Libye et demande aux autorités de Tripoli d'y mettre fin immédiatement. Il réclame la mise en place d'une commission d'enquête indépendante conduite par l'ONU pour faire la lumière sur les violences, qui pourraient être assimilables à des crimes contre l'humanité.

Le texte demande aux autorités de coopérer pour permettre aux organisations humanitaires d'accéder aux victimes. Il recommande à l'Assemblée générale de l'ONU d'exclure la Libye du Conseil, au sein duquel elle avait été élue en mai dernier.

Arrêter le bain de sang

La Haut Commissaire Navi Pillay a rappelé que tous les gouvernements ont l'obligation de protéger leur population de sérieux crimes internationaux. «La communauté internationale a le devoir de prendre les actions appropriées lorsqu'un Etat manque à cette obligation», a dit la Haut Commissaire en ouvrant les débats.

Elle a dénoncé l'escalade des violences et demandé «d'arrêter le bain de sang». «La répression des manifestations pacifiques se poursuit. Des milliers de personnes pourraient avoir été tuées ou blessées», a déclaré Navi Pillay.

«La Libye doit cesser les violences maintenant», a insisté Navi Pillay. «Des attaques massives et systématiques contre des civils peuvent être assimilées à des crimes contre l'humanité et leurs responsables doivent être punis», a-t-elle ajouté, en dénonçant entre autres les exécutions sommaires, les entraves au travail du personnel médical et les arrestations arbitraires.

Aides annoncées

Le gouvernement libyen, qui tente de s'accrocher au pouvoir face au soulèvement populaire, a décidé d'augmenter les salaires, les aides alimentaires et les allocations familiales.

Chaque famille recevra 500 dinars libyens (374 francs) et les salaires de certaines catégories de fonctionnaires seront relevés de 150%, a annoncé vendredi la télévision d'Etat.

Environ 325 Libyens ont fui leur pays à la suite des violences, a estimé jeudi l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Elle faisait par ailleurs état de 30'000 personnes, essentiellement des travailleurs immigrés tunisiens et égyptiens, à avoir quitté la Libye.

(ats)

Siège libyen vide

Le siège de la Libye est resté vide vendredi à l'ouverture des débats du Conseil des droits de l'homme sur les violations commises dans ce pays, a constaté l'ATS. Le représentant libyen à Genève a également boycotté les consultations préparatoires.

La Libye est représentée à Genève par l'ambassadeur Ibrahim A.E. Aldredi. Les diplomates libyens n'ont pas participé aux discussions préparatoires sur le projet de résolution présenté par l'Union européenne ces deux derniers jours, ont précisé des sources diplomatiques.

Vendredi, à l'ouverture des débats, le président du Conseil a constaté que le pays concerné par les discussions, la Libye, était absent, alors qu'il est de coutume qu'il prenne la parole. Le représentant de Tripoli ne pourra donc commenter le texte qui condamne les violations massives commises par les autorités de Tripoli.

Depuis le début des événements en Libye il y a dix jours, l'ambassadeur Aldredi a gardé le silence. La mission libyenne auprès de l'ONU à Genève ne répondait pas au téléphone vendredi matin.

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