Actualisé 01.05.2011 à 21:02

YémenIntensification des manifestations

Au Yémen, l'opposition a accusé le président Ali Abdallah Saleh d'avoir fait échouer les négociations pour sortir de la crise. Dans la rue, les manifestations s'intensifient.

Au Yémen, les manifestations ont redoublé d'intensité pour réclamer le départ du chef de l'Etat.

Au Yémen, les manifestations ont redoublé d'intensité pour réclamer le départ du chef de l'Etat.

L'opposition yéménite a accusé dimanche le président Ali Abdallah Saleh d'avoir fait échouer un plan de sortie de crise des monarchies du Golfe. Cela alors que les manifestations redoublaient d'intensité pour réclamer le départ du chef de l'Etat.

Le secrétaire général du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), Abdellatif al-Zayani, a quitté samedi soir Sanaa sans avoir pu obtenir du président contesté qu'il signe le texte de sortie de crise.

L'opposition a donc refusé de se rendre à Ryad, où la signature formelle de l'accord prévoyant la démission dans un mois du président devait se dérouler dimanche en présence des ministres des Affaires étrangères du CCG.

«Le secrétaire général du CCG est reparti sans la signature du président, et par conséquent l'initiative a échoué», a déclaré un responsable du Front Commun, une coalition de l'opposition parlementaire, Mohammad al-Sabri.

«Manoeuvre pour gagner du temps»

Dans un communiqué, l'opposition a «vivement déploré le refus du président Saleh», y voyant «une manoeuvre (...) pour gagner du temps et entraîner le Yémen dans une grande sédition».

Tout en invitant les pays du CCG à «poursuivre leurs efforts» et à «exercer des pressions» sur le régime pour mettre fin à la répression sanglante de la protestation, elle a avertit le régime de M. Saleh qu'il «assumera l'entière responsabilité d'un échec» de la médiation du CCG.

Pas de nouvelle stratégie

Le CCG - Emirats arabes unis, Bahrein, Arabie saoudite, Oman, le Qatar et le Koweït - a bouclé dimanche soir une réunion à Ryad sans annoncer de nouvelle stratégie pour parvenir à un accord.

Le plan refusé par le président Saleh prévoyait la formation par l'opposition d'un gouvernement de réconciliation et la démission de M. Saleh en échange d'une immunité pour lui et ses collaborateurs.

Une élection présidentielle était prévue dans un délai de 60 jours après la démission, ainsi que l'élaboration d'une nouvelle Constitution qui devait être soumise à référendum.

Intensification des manifestations

Les manifestations réclamant le départ du président Saleh, au pouvoir depuis près de 33 ans, durent depuis fin janvier et ont fait quelque 150 morts. Les jeunes contestataires qui dirigent la révolte ont appelé à intensifier le mouvement dans ce pays pauvre et à structure tribale.

«Nous allons intensifier nos protestations en généralisant l'appel à la désobéissance civile sur l'ensemble du territoire, notamment à Sanaa», a déclaré Wassim al-Qershi, coordinateur de la coalition Watan des protestataires au Yémen.

D'importantes manifestations se sont déroulées dimanche à Taëz, au sud de Sanaa, à Moukalla (sud-est) et à Saada (nord) pour réclamer le départ immédiat du président. Une manifestation était aussi prévue en fin de journée à Sanaa.

Les jeunes contestataires avaient proclamé leur refus de l'initiative des pays du Golfe, notamment parce qu'elle garantissait l'immunité au président.

«Le Front commun se fait beaucoup d'illusions sur un départ négocié» du président Saleh, a ajouté M. Qershi, exprimant l'espoir que le rejet par le chef de l'Etat de l'initiative des pays du Golfe pousse l'opposition à radicaliser sa position.

(ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!