Votations 25 septembre: Interdire l’élevage intensif «nous prive de choix»
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Votations du 25 septembreInterdire l’élevage intensif «prive la population de sa liberté de choix»

Les opposants au texte en votation cet automne ont lancé leur campagne et abattent des arguments avant tout économiques.

Constitué de politiciens de droite et d’organisations paysannes et économiques, le comité a dévoilé ses arguments de campagne.

Constitué de politiciens de droite et d’organisations paysannes et économiques, le comité a dévoilé ses arguments de campagne.

Comité national contre l’initiative sur l’élevage intensif

Le peuple vote le 25 septembre sur l’initiative qui veut interdire l’élevage intensif en imposant les normes de Bio Suisse tant à la production indigène qu’aux produits importés. Lundi, le comité opposé au texte est sorti du bois pour présenter les arguments qu’il défendra lors de la campagne. Et là où ceux des initiants sont surtout éthiques et sanitaires, ceux des opposants sont surtout économiques.

Augmentation des prix à venir

Constitué de personnalités politiques de droite ou d’organisations paysannes et économiques, le comité estime que «l’initiative imposerait à l’élevage de se conformer aux directives bios, privant ainsi la population de sa liberté de choix et donnant lieu à une hausse massive des prix». Selon leurs estimations, les prix augmenteraient de 20 à 40%, et la frange la moins favorisée de la population n’aurait plus les moyens de se payer de la viande et se tournerait vers le tourisme d’achat.

«La production indigène diminuerait d’environ 50% pour ce qui est des porcs, et même jusqu’à 80% pour ce qui est des volailles», disent les opposants, qui craignent des pertes d’emploi pour un secteur qui en compte environ 300’000. La bataille des chiffres ne manquera pas: pour les partisans de l’interdiction, celle-ci concernera «5% seulement des exploitations agricoles, surtout les grosses exploitations d’engraissement, véritables usines».

Une loi déjà très sévère

Autre argument invoqué: la Suisse aurait déjà des exigences minimales bien plus élevées qu’à l’étranger, et il n’est pas nécessaire de les renforcer encore. «Le bien-être animal est garanti par une loi d’une sévérité unique au monde; des effectifs limités par la loi pour les poules, les porcs et les veaux; des programmes d’incitation très efficaces pour des étables respectueuses des animaux et des sorties régulières en plein air; de nombreux labels allant encore plus loin, tels que Demeter; et enfin un système de contrôle efficace», dit le comité dans son communiqué.

Le Conseil fédéral et la majorité du Parlement ont déjà émis une recommandation de vote pour un non à l’initiative. Du côté du oui, on trouve les Vert·e·s et des associations écologistes ou pour la défense animale, comme la Fondation Franz Weber ou Greenpeace.

(ywe)

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