Produits cosmétiques: Interdire les sels d’alu dans les déos: les élus «préfèrent attendre»

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Produits cosmétiquesInterdire les sels d’alu dans les déos: les élus «préfèrent attendre»

La proposition de restreindre les sels d’aluminium dans les produits par précaution n’a pas la cote auprès de nombreux élus. 

par
Yannick Weber
Considéré comme «controversé», le lien entre les déos et des cancers du sein ne cesse d’alimenter le débat.

Considéré comme «controversé», le lien entre les déos et des cancers du sein ne cesse d’alimenter le débat.

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Interdire quelque chose par principe de précaution, ça ne passe pas souvent en Suisse. La question des sels d’aluminium dans les produits cosmétiques ne fait pas exception. Vendredi, la commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil national s’est prononcée en défaveur de l’initiative déposée par le Canton de Genève qui vise à interdire les sels d’aluminium dans les produits cosmétiques, notamment les déos, qu’il décrit comme des «bombes de poison».

Pour la majorité de la commission, la Suisse ne peut pas agir seule dans ce dossier. «En interdisant de manière unilatérale les sels d’aluminium dans les produits anti-transpirants, la Suisse risquerait de créer une entrave au commerce par rapport à l’UE. Il vaut mieux attendre et observer l’évolution de la situation au sein de l’UE», écrit-elle dans son communiqué.

Une question de temps?

En outre, elle rappelle qu’avant leur mise sur le marché, la sécurité des produits doit être évaluée et conforme à la loi sur les produits alimentaires, ce qu’elle estime comme étant une garantie suffisante. Au contraire, une partie des élus estime que «les derniers résultats de la recherche» doivent être pris en compte et que le principe de précaution doit l’emporter et qu’il faut, au moins, examiner plus précisément les questions portées par l’initiative. 

Le Canton de Genève, dans son texte, rappelait diverses études qui suspectaient un lien entre les sels d’aluminium et des risques de cancer, notamment du sein. «Ce n'est qu'une question de temps avant d'obtenir confirmation de tous les signaux d'alerte actuels pour notre population et sa santé», écrivait le Canton.

Le Conseil national dans son ensemble aura le dernier mot. En commission, le vote s’est soldé par un non à 13 voix contre 10 et 2 abstentions. En 2022, la même commission du Conseil des États avait aussi sèchement refusé la proposition.

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