Interview - M. Night Shyamalan
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Interview - M. Night Shyamalan

Interviewer Shyamalan revient à slalomer entre critiques des journalistes, Hollywood, le pop-corn, Bush, Johnny Depp, Londres et la religion. Dur, mais instructif.

– Vos films, on aime ou on n'aime pas. Il n'y a pas d'entre-deux...

– Je ne sais jamais comment mes films vont être appréciés. En général, je suis surpris. Le plus difficile, c'est qu'aux Etats-Unis la presse ne critique pas mon film. Elle me critique moi.

– Quels sont vos rapports avec elle et avec le public?

– Au début de ma carrière, il y a eu un énorme fossé entre le public et moi-même. Parce que j'écrivais plus pour les critiques que l'audience! (Rires.) Comme mes deux premiers films ont été des bides complets (n.d.l.r.: «Praying With Anger» et «Wide Awake», acclamés par la critique mais boudés par les spectateurs), je me suis dit que je devais commencer à parler au public.

– Ca semble avoir marché...

– Oui, c'est à ce moment-là que j'ai écrit le «Sixième sens». Mais c'est «Signes» qui a le mieux marché: c'est un vrai «pop-corn movie»! Les critiques ont adoré parce que j'ai appliqué les règles du cinéma à la lettre! Aujourd'hui, ils ne regardent même plus mes films, ils me regardent moi et savent d'avance ce qu'ils vont écrire.

– Et qu'est-ce qu'ils écrivent?

– Ils tournent tout en négatif: croyance égale arrogance, espérance égale prétention. Avant, cela me gênait. Aujourd'hui, je ne les écoute plus. Et j'ai raison: mes films marchent. De toute façon, cela arrive à tout cinéaste qui a un certain succès.

– Vous dites que vos films sont l'expression de ce que vous êtes... Vous en êtes-où?

– Tout est philosophie pour moi. Avec «La jeune fille de l'eau», soit vous vous dites que je suis complètement fou, soit vous allez devoir me redéfinir. Ce film est un équaliseur pour moi... Excusez-moi, je suis un peu confus... Où en étais-je?

– Ce que vous êtes...

– Ah oui! Optimiste, libre, plein d'espoir et d'espérance...

– La croyance semble être un de vos piliers....

– Nous arrivons à une période charnière où meurt la religion.

Avant, chacun avait sa propre croyance et pensait que l'autre avait tort. Aujourd'hui, c'est plus difficile car on vit tous ensemble. C'est pour ça qu'il y a un regain conservateur. Mais ça ne va pas durer... On est dans le couloir de la mort de la religion.

Elsa Duperray

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