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PolitiqueInvesti, Bolsonaro appelle à un «pacte national»

Le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro a prêté serment mardi à Brasilia.

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Des spécialistes estiment que le président brésilien n'est pas à l'aise en public, que son discours et sa gestuelle le traduisent. (Samedi 18 mai 2019)

Des spécialistes estiment que le président brésilien n'est pas à l'aise en public, que son discours et sa gestuelle le traduisent. (Samedi 18 mai 2019)

Keystone
Le nouveau président brésilien a confirmé jeudi le transfert prochain de l'ambassade du Brésil à Jérusalem. (3 janvier 2018)

Le nouveau président brésilien a confirmé jeudi le transfert prochain de l'ambassade du Brésil à Jérusalem. (3 janvier 2018)

AFP
Jair Bolsonaro, ici avec son épouse, s'est engagé, lors de son investiture, à lutter contre la corruption. (Mardi 1er janvier 2019)

Jair Bolsonaro, ici avec son épouse, s'est engagé, lors de son investiture, à lutter contre la corruption. (Mardi 1er janvier 2019)

AFP

«Aujourd'hui est un jour où le peuple commence à se libérer du socialisme et du politiquement correct», a déclaré mardi le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro dans un discours à la nation. Il a promis de «rétablir l'ordre dans ce pays».

«Ceci est notre bannière», a-t-il dit en agitant un drapeau brésilien, et «elle ne sera jamais rouge», a ajouté Jair Bolsonaro, élu notamment grâce à un fort rejet du Parti des travailleurs (PT), la formation de gauche qui a régné durant treize des quinze dernières années.

«Nous allons mettre fin aux politiques qui protègent les criminels et criminalisent les policiers. Nous allons rétablir l'ordre dans ce pays», a-t-il dit en s'adressant à la nation après son investiture.

Le nouveau chef de l'Etat brésilien s'est néanmoins engagé dans son discours à respecter la démocratie, une promesse qu'il avait déjà formulée devant les parlementaires quelques minutes après avoir prêté serment. «Je vais travailler sans relâche pour que le Brésil réalise son destin», a-t-il déclaré.

Un «pacte national»

Jair Bolsonaro a été officiellement investi mardi comme 38e président du Brésil. Il a appelé à un «pacte national» pour «libérer définitivement» le Brésil «du joug de la corruption, de la criminalité, de l'irresponsabilité économique et du carcan idéologique».

L'ancien capitaine de l'armée de 63 ans a préconisé «un vrai pacte national entre la société et les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire» lors d'un bref discours devant le Congrès à Brasilia.

Jair Bolsonaro a d'ailleurs confirmé dans ce premier discours sa volonté de mettre en oeuvre une politique ultra conservatrice, promettant de «respecter les religions et les traditions judéo-chrétiennes», tout en «luttant contre l'idéologie de genre». Il a également réitéré son intention de libéraliser le port d'armes.

Félicitations de Trump

Le président américain Donald Trump a félicité dans un tweet M. Bolsonaro, qui l'admire, «pour son grand discours d'investiture», ajoutant: «Les Etats-Unis sont avec vous».

Avant de signer un registre officiel à la Chambre des députés lors d'une cérémonie boycottée par la gauche, Jair Bolsonaro a prêté serment, s'engageant à «défendre et appliquer la Constitution» tout en oeuvrant pour «l'union, l'intégrité et l'indépendance du Brésil». Son vice-président, le général Hamilton Mourao, a prêté le même serment.

Le nouveau président devait ensuite se rendre au Palais du Planalto, pour recevoir des mains de son prédécesseur Michel Temer l'écharpe présidentielle, une pièce de soie jaune et verte, sertie d'or et de diamants. Il devait ensuite prononcer un deuxième discours, devant le peuple.

Renverser la table

Après avoir prêté serment, Jair Bolsonaro a promis de «travailler sans relâche pour que le Brésil réalise son destin». «Mon souhait est de renforcer la démocratie brésilienne», a-t-il assuré.

Jair Bolsonaro n'a pas fait mystère de sa volonté de renverser la table pour extirper le Brésil de ses crises multiples. Il devrait lancer au pas de course une série de réformes pour inaugurer son mandat de quatre ans.

Premier chef d'Etat d'extrême droite jamais arrivé au pouvoir au Brésil par les urnes, Jair Bolsonaro a suscité énormément d'attentes avec ses promesses de redresser une économie atone et de mater la corruption et la violence qui désespèrent les 208 millions de Brésiliens.

Rejet du PT

Mais son arrivée à la tête du pays suscite de nombreuses inquiétudes, notamment en matière de respect des valeurs démocratiques, des minorités, des alliances avec les partenaires traditionnels du Brésil et de protection de l'environnement.

L'accession au pouvoir de cet ancien officier parachutiste a été facilitée par le rejet dans l'électorat du Parti des travailleurs (PT), la formation de gauche qui a dirigé le Brésil pendant treize des quinze dernières années avant d'être emportée par des scandales de corruption à répétition.

Sous très haute sécurité

Son investiture s'est déroulée sous très haute sécurité à Brasilia, où même les parapluies ont été interdits. L'impressionnant dispositif prévoyait de nombreux check-points pour la foule, un système antimissile, 20 avions de chasse mobilisés et la fermeture de l'espace aérien.

Au moins 250'000 personnes venues de tout le pays étaient attendues sur l'esplanade des Ministères, un lieu emblématique où sont concentrés tous les pouvoirs de Brasilia, au coeur de la capitale futuriste sortie de l'imagination de l'architecte Oscar Niemeyer et de l'urbaniste Lucio Costa au début des années 1960.

Malgré les craintes d'attentat, Jair Bolsonaro a tenu à remonter l'esplanade des ministères à bord d'une Rolls Royce décapotable, saluant la foule debout à l'arrière du véhicule, aux côtés de son épouse Michelle et encadré par les cavaliers des Dragons de l'Indépendance. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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