Iouchtchenko sous pression pour réunir un cabinet orange

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Iouchtchenko sous pression pour réunir un cabinet orange

La pression montait mercredi sur le président ukrainien Viktor Iouchtchenko pour choisir dans le camp orange ses futurs alliés après les législatives de dimanche.

La Commission électorale centrale a publié les résultats quasi-définitifs du vote.

Selon ces chiffres portant sur 94,77% des bureaux de vote, le Parti des régions de Viktor Ianoukovitch (opposition pro-russe) arrive en tête avec 31,52 % des suffrages, loin devant le Bloc Timochenko (22,4 %), du nom de l'ex-alliée du président passée à l'opposition et la coalition présidentielle Notre Ukraine (14,34 %).

Viennent ensuite les socialistes (5,84 %) et l'opposition communiste (3,64 %).

Aucune formation n'ayant obtenu la majorité absolue, les consultations devaient se poursuivre mercredi pour former une coalition dont la géométrie conditionnera les réformes et la politique pro-occidentale du président Iouchtchenko. Le nouveau Parlement aura le pouvoir de former la quasi-totalité du gouvernement aux termes d'une récente réforme.

Soutien occidental à Iouchtchenko

«Nous voudrions que les réformes se poursuivent en Ukraine (...) et l'équipe qui a gagné l'élection (présidentielle) de 2004 semble la mieux placée pour le faire», a déclaré mercredi un diplomate occidental à Kiev en soutien à la coalition orange entre Notre Ukraine, Timochenko et les socialistes.

Lundi, la diplomatie russe a souhaité la formation d'un gouvernement ukrainien favorable au renforcement des relations avec la Russie.

L'alliance avec l'opposition pro-russe freinerait les aspirations euro-atlantiques de Kiev. Mais le retour de Mme Timochenko à la tête du gouvernement serait mal vu par les investisseurs, effrayés par sa volonté de réviser toutes les privatisations frauduleuses menées sous l'ancien régime et par ses penchants pour l'intervention de l'Etat dans l'économie.

Après une défaite cuisante subie par son parti aux législatives, le président avait rencontré la veille les vainqueurs du scrutin dont M. Ianoukovitch et Mme Timochenko, mais aucun mémorandum d'intention n'a été signé. Les socialistes ont averti qu'ils passeraient à l'opposition si le président s'alliait à M. Ianoukovitch.

Avec ou sans Timochenko ?

«On se marie ou on ne se marie pas ?», titrait le quotidien «Gazeta po-Kievski», publiant une photo du président négociant avec Ioulia Timochenko. En principe la coalition de Viktor Iouchtchenko Notre Ukraine «n'est pas contre le mariage mais les appétits de la fiancée l'inquiètent», estime le journal.

Ioulia Timochenko a d'ores et déjà déclaré qu'elle voulait redevenir premier ministre, le poste qu'elle avait occupé entre février et septembre 2005. Le quotidien «Segodnia», proche de Ianoukovitch, parle de son côté d'une possible coalition Notre Ukraine-Parti des Régions qui selon lui arrangerait les deux côtés.

«Publiquement Notre Ukraine (NU) parle d'incompatibilité idéologique avec le Parti des Régions. Mais les hommes d'affaires au sein de NU (tels Petro Porochenko ou David Jvania, ennemis jurés de Mme Timochenko) et même le premier ministre Iouri Ekhanourov sont en faveur d'une telle coalition», affirme le journal.

«Avec le Parti des régions, Iouchtchenko pourrait trouver une formule pour rester idéologue et arbitre de la nation et garder le pouvoir. Si Timochenko devient premier ministre, le président n'aura plus le pouvoir», estime le politologue indépendant Volodymyr Malinkovitch. (ats)

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