Ioulia Timochenko de retour au poste de Premier ministre
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Ioulia Timochenko de retour au poste de Premier ministre

Le Parlement ukrainien a approuvé de justesse mardi la nomination Ioulia Timochenko au poste de Premier ministre. Elle retrouve ainsi le poste qu'elle avait occupé après la Révolution orange de décembre 2004.

Au total, 226 députés pro-occidentaux du bloc Timochenko et du parti présidentiel Notre Ukraine, soit la stricte majorité des 450 sièges du Parlement, ont soutenu la candidature de Mme Timochenko, votant l'un après l'autre à main levée dans l'hémicycle.

Mme Timochenko, rayonnante, a aussitôt reçu de ses alliés plusieurs grands bouquets de roses. Ses adversaires pro-russes ont suivi le déroulement du vote, qu'ils boycottaient, le visage figé.

Mardi dernier, à une voix près, Mme Timochenko n'avait pas obtenu la confiance de l'assemblée. Elle avait alors accusé ses adversaires d'avoir truqué le système électronique, même si les autorités n'ont trouvé aucune preuve à ses affirmations.

Iouchtchenko salue sobrement

Avant le vote décisif, Mme Timochenko a prononcé un discours passionné devant les parlementaires, en accusant ses adversaires d'empêcher son élection. «Ils ont une peur bleue que je (...) mette de l'ordre dans l'Etat», a-t-elle lancé, avant de promettre: «Tôt ou tard, toute votre bande va répondre devant l'Ukraine de ce qu'elle a fait».

Le président Iouchtchenko a «salué» sobrement dans un communiqué la nomination de Mme Timochenko. Elle était son alliée lors de la Révolution orange, le soulèvement pacifique qui le porta fin 2004 au pouvoir, mais leurs relations ont depuis souvent été houleuses.

Connue pour sa personnalité énergique et flamboyante, Mme Timochenko a déjà été Premier ministre de Viktor Iouchtchenko de février à septembre 2005, avant d'être limogée par le chef de l'Etat sur fond de conflits au sein de l'équipe au pouvoir et de rivalités personnelles.

Ses activités au gouvernement, critiquées pour leur populisme, et surtout son projet de réviser des privatisations réalisées sous le régime du président Léonid Koutchma ont renforcé sa popularité dans une partie de la population mais repoussé nombre d'investisseurs.

Les deux leaders ont toutefois fini par s'allier de nouveau contre les pro-russes, emmenés par le Premier ministre sortant Viktor Ianoukovitch, dont les conflits avec le président ont poussé ce dernier à prononcer au printemps la dissolution du Parlement, à l'origine de plusieurs mois de crise politique.

Programme moins radical en vue

Les législatives anticipées du 30 septembre ont été remportés de justesse par les pro-occidentaux (bloc Timochenko avec 31% des voix et Notre Ukraine avec 14%) devant le Parti des régions de M. Ianoukovitch avec 34,37% et ses alliés communistes avec 5,39%.

Redevenue Premier ministre, Mme Timochenko devrait se montrer moins radicale qu'en 2005 face à une opposition plus puissante et à un président déterminé à la contenir, a estimé Volodymyr Fesenko, directeur du Centre des recherches politiques Penta.

Elle a affirmé comme priorités la lutte contre la corruption toujours très présente dans l'ancienne république soviétique, indépendante depuis 1991, et de procéder à des réformes économiques, judiciaires et politiques «vitales», y compris un programme de privatisations «propre». (ats)

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