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Irak: conférence sur fond de violence

L'Irak a demandé à ses voisins, dont la Syrie et l'Iran, de cesser leurs ingérences présumées dans les affaires irakiennes, lors d'une conférence internationale à Bagdad.

Cette réunion s'est tenue sur fond de violences qui ont fait des dizaines de morts.

«Nous demandons que les pays de la région et d'ailleurs cessent leurs ingérences et leurs tentatives pour influencer la situation politique en Irak, en soutenant certaines confessions, ethnies ou groupes», a affirmé M. Maliki à l'ouverture de la conférence.

«Il faut arrêter toute forme d'aide financière, d'incitation religieuse, de support logistique ou d'approvisionnment en armes et en combattants qui serviront à tuer nos enfants ou à attaquer nos mosquées et nos églises», a-t-il ajouté.

M. Maliki n'a cité aucun nom, mais s'exprimait en présence des représentants syriens et iraniens, deux pays accusés par les Etats- Unis d'alimenter l'insurrection en Irak.

L'Iran rejette faute sur les USA

L'ambassadeur américain Zalmay Khalilzad a également demandé aux voisins de l'Irak de cesser de permettre l'infiltration de combattants ou d'armes dans le pays. «Aucun des pays représentés à cette table ne tirerait avantage d'un Irak désintégré, au contraire», a-t-il ajouté.

Le représentant iranien, Abbas Araghtchi, a rejeté les critiques visant son pays et pointé du doigt les troupes américaines. Si les forces internationales «établissent un calendrier de retrait des troupes d'Irak, cela contribuera à résoudre le problème de la violence», a-t-il affirmé.

Outre l'Irak, les Etats-Unis, l'Iran, la Syrie et l'Arabie saoudite, les autres voisins de l'Irak, la Jordanie, la Turquie et le Koweït ainsi que l'Egypte, Bahreïn, les quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, la Ligue arabe, l'Organisation de la conférence islamique et l'ONU étaient présents à la conférence.

Entretiens «constructifs»

Les entretiens ont été qualifiés de «constructifs» par l'ambassadeur américain Zalmay Khalilzad. Il s'est entretenu directement avec des délégués iraniens. Une nouvelle conférence avec les ministres des Affaires étrangères des pays de la région ainsi que du G8 devrait être organisée en avril à Istanbul.

Quatre ans après l'invasion de l'Irak, le gouvernement irakien et la coalition emmenée par les Etats-Unis sont incapables d'enrayer les violences qui ont tué plus de 34 000 Irakiens en 2006, selon les Nations unies.

La conférence, qui se tenait au ministère irakien des Affaires étrangères a d'ailleurs été troublée par trois obus de mortier tombés à «une trentaine de mètres» des bâtiments. Il n'y a eu aucune victime.

Mais trois kilomètres plus au nord, au moins 26 personnes, dont six soldats irakiens, ont été tuées et au moins 40 autres blessées lors d'un attentat suicide à la voiture piégée dans le quartier chiite de Sadr City.

Un attentat similaire a fait un mort, non loin de Sadr City, et plus au sud un civil a été tué dans une explosion. Huit autres personnes ont péri dans plusieurs attaques à travers le pays.

Deux Allemands menacés d'exécution

Par ailleurs, un groupe islamiste irakien a affirmé détenir deux otages allemands, une femme de 62 ans et son fils, qu'il a menacés d'exécuter si Berlin refusait de retirer ses troupes d'Afghanistan. Il a fixé un ultimatum de dix jours. Le ministère allemand des affaires étrangères a mis en place une cellule de crise.

L'Allemagne assure le commandement des forces de l'OTAN pour le nord de l'Afghanistan, où elle déploie au total 2949 soldats, dans le cadre de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF).

(ats)

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