Actualisé 10.07.2006 à 08:26

Irak: déchaînement de violence interconfessionnelle

Près de 60 personnes ont été tuées à Bagdad. Des femmes et des enfants figurent parmi les victimes. Le président Talabani, estimant que le pays se trouvait au bord d'un «gouffre», a appelé au calme.

Le quartier de Djihad, à majorité sunite, a été le théâtre de violences sans précédent, selon les autorités. Une quarantaine de personnes, notamment des femmes et des enfants, ont été tuées par des miliciens chiites.

Au moins 40 morts

Les premiers tirs se sont produits près de la mosquée chiite de Zahra, où un attentat à la bombe avait fait trois morts et 19 blessés samedi.

Au ministère de l'Intérieur, on indiquait dimanche soir que 38 habitants du quartier avaient été tués. Des hommes politique sunnites ont avancé un bilan de 40 victimes.

Les attentats à la bombe ont fait de nombreuses victimes en Irak mais l'exécution en plein jour de civils est relativement rare et limitée à des zones troublées situées à l'extérieur de la capitale. Bagdad en revanche n'avait jamais été le théâtre de pareilles violences.

Armée du Mehdi

Les autorités ont accusé les milices de l'Armée du Mehdi, fidèle à l'imam chiite radical Moqtada Sadr, ainsi que des commandos de policiers d'avoir perpétré ces assassinats. Des responsables du mouvement de Sadr ont démenti toute implication. L'imam lui-même a lancé un appel au calme.

Un appel qui n'a pas été entendu. Dix-neuf personnes ont été tuées dans un double attentat à la voiture piégée perpétré en début de soirée près d'un lieu de prière chiite à Bagdad. Près de 60 personnes ont été blessées, selon une source de sécurité.

Selon la même source, deux voitures ont explosé à cinq minutes d'intervalle près de Husseiniyat al-Kasra, dans le quartier du même nom.

Dans un communiqué, le président irakien Jalal Talabani a appelé à la retenue. «Nous nous tenons aujourd'hui au bord d'un gouffre dans lequel nous ne souhaitons pas voir les Irakiens plonger: celui du meurtre sur la base de l'identité et du massacre d'innocents sans raison», a souligné M. Talabani.

GI's inculpés

Dans ce contexte de violences extrêmes, L'armée américaine a annoncé dimanche avoir inculpé cinq GI's dans l'affaire du viol et du meurtre d'une adolescente irakienne et du meurtre de sa famille en mars à Mahmoudiya, près de Bagdad.

L'affaire a soulevé l'indignation aux Etats-Unis comme en Irak. Le Premier ministre Nouri al-Maliki a demandé que son gouvernement soit associé à l'enquête et souhaité la fin de l'immunité accordée aux soldats américains.

A Téhéran, une conférence régionale sur la sécurité en Irak s'est achevée dimanche. Les participants (Arabie saoudite, Iran, Syrie, Jordanie, Koweït, Turquie et Egypte) se sont quittés sur des engagements verbaux à une plus grande coopération.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a mis à profit l'ouverture de la conférence samedi pour attaquer Israël. Il s'est prononcé pour la «disparition du régime sioniste». Le président avait créé un scandale international en octobre en jugeant que l'Etat hébreu devait être «rayé de la carte». (ats)

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