Irak: l'armée américaine construit un mur à Bagdad
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Irak: l'armée américaine construit un mur à Bagdad

L'armée américaine a commencé la construction d'un mur dans le bastion chiite de Sadr City à Bagdad.

Dans ce quartier de la capitale irakienne, de nouveaux accrochages avec des miliciens ont fait au moins quinze morts samedi.

Le commandement américain assure que cet ouvrage de béton de plusieurs mètres de haut doit prévenir les tirs de roquettes vers le reste de la capitale irakienne, notamment la Zone verte, enclave fortifiée qui abrite le gouvernement irakien et l'ambassade des Etats-Unis.

Mais l'armée du Mahdi, la milice du chef radical chiite anti- américain Moqtada Sadr, a condamné ce mur qui divise le quartier du nord-est de Bagdad, où les troupes irakiennes et américaines affrontent par intermittence les miliciens chiites.

De nouvelle violences avant l'aube ont fait au moins treize tués et quelque 80 blessés, selon deux hôpitaux du quartier, portant à plus de 110 le bilan des morts dans les combats depuis le 6 avril.

En milieu de journée, des fusillades étaient entendues dans le secteur où les travaux de construction du mur ont été entrepris. La presse n'a pas été autorisée à aller dans ce secteur. Des soldats américains ont notamment ordonné à un correspondant de l'AFP de rebrousser chemin, en le mettant en joue.

Empêcher les tirs de roquettes

Selon les militaires américains, le mur doit empêcher des tireurs de roquettes de se positionner dans une zone au sud du mur, à distance de tir de la Zone verte, dans le centre de Bagdad.

Le porte-parole du mouvement sadriste à Najaf, Salah al-Oubeidi, a dénoncé cette mesure, qui, selon lui, «va créer de nouveaux problèmes pour les habitants de Sadr City et les isoler davantage».

Les centaines de murs construits à Bagdad ont souvent provoqué la colère des habitants qui y voient une volonté de morceler la capitale irakienne, pour la diviser en secteurs homogènes, et mieux la contrôler.

Les Américains assurent que l'objectif des récentes opérations dans Sadr City est de neutraliser des éléments incontrôlés qui désobéissent aux ordres de cessez-le-feu de Moqtada Sadr.

Démonstration de force à Bassorah

Mais les sadristes, dernière milice irakienne farouchement opposée à la présence américaine en Irak, affirment être la cible d'une campagne systématique pour les affaiblir, voire les éliminer.

A Nassiriyah, une ville chiite du sud l'Irak, deux personnes ont été tuées dans de violents combats nocturnes entre miliciens chiites et forces policières, selon la police qui a décrété un couvre-feu dans la ville.

Et à Bassorah, les forces gouvernementales irakiennes ont pris le contrôle du faubourg de Hayaniya, bastion de l'Armée du Mahdi, après une démonstration de force de l'aviation américaine et de l'artillerie britannique.

Dans la ville sainte de Nadjaf, un porte-parole de Sadr, Salah al Oubaïdi, a déclaré que la situation humanitaire à Hayaniya était «tragique». «Ils ont bouclé le quartier et empêchent les blessés d'aller à l'hôpital. Ils ont ensuite lancé une attaque au sol», a-t- il dit. «C'est un quartier très peuplé et ils l'ont attaqué à la roquette comme s'il s'agissait d'une base militaire».

A Washington, Joseph Collins un ancien haut responsable du Pentagone sous l'ex-ministre de la Défense Donald Rumsfeld a déclaré que la guerre en Irak était «une immense débâcle», qui a créé une véritable pépinière à terroristes et a permis à l'Iran d'accroître considérablement son influence dans la région.

(ats)

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