Irak: les attaques contre les forces de sécurité ont fait plus de 30 morts
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Irak: les attaques contre les forces de sécurité ont fait plus de 30 morts

Tikrit - Au moins 34 personnes ont été tuées dimanche dans le nord de l'Irak, dans des attaques contre les forces de sécurité.

Ces incidents sont survenus au lendemain de la prise de fonctions du général Petraeus, nouveau chef des forces américaines en Irak.

Un camion transportant du foin s'est garé dimanche matin face au poste de police d'Ad-Dawr (nord), près de Tikrit, ancien fief de Saddam Hussein. Peu après, le kamikaze qui le conduisait a déclenché la charge explosive qui y était dissimulée, tuant 17 personnes et faisant plus de 20 blessés.

«Les morts sont en majorité des policiers et des prisonniers», détenus dans l'immeuble visé, a souligné le colonel de police Hur Baz. Selon lui, l'explosion a également endommagé la mairie et la poste, situées à proximité.

Garde-frontières abattus

A Tikrit, deux personnes ont été tuées par l'explosion d'une bombe artisanale. Deux personnes ont aussi été tuées dans des violences à Baaqouba (60 km au nord de Bagdad) tandis qu'à Moussoul (370 km au nord de Bagdad), cinq personnes, dont trois policiers, ont été abattues dans des attaques séparées.

Toujours dans le nord de l'Irak, huit garde-frontières ont en outre été tués durant la nuit dans une embuscade près de Rabiaa, une localité limitrophe de la Syrie. Trois autres personnes, dont un soldat américain, ont été tuées dans le reste du pays dimanche.

Par ailleurs, un hélicoptère de l'armée américaine a été abattu par un missile dimanche dans la région de Timaïma, à une vingtaine de kilomètres au nord de Bagdad, ont indiqué des témoins. L'armée américaine a indiqué qu'elle vérifiait ces informations.

L'armée avait reconnu vendredi que six hélicoptères militaires ou appartenant à des sociétés de sécurité privées se sont écrasés ces dernières semaines en Irak. Quatre de ces «chutes» sont imputables à des tirs ennemis.

Mises en garde

Ces incidents sont survenus au lendemain de la prise de fonctions du général David Petraeus à la tête des forces multinationales sous commandement américains en Irak. Il aura pour mission d'appliquer une nouvelle stratégie sécuritaire que beaucoup à Bagdad ont qualifiée de plan de la dernière chance.

«La mission est faisable (...) Les chances de succès sont bonnes», a déclaré le général lors de la cérémonie de passation de pouvoirs près de Bagdad. «En cas d'échec, l'Irak sera condamné à la poursuite de la violence et du conflit civil», a-t-il ajouté.

«Si les Etats-Unis et nos partenaires échouaient et que le chaos s'installait en Irak, tous les membres de l'OTAN en subiraient les conséquences», a renchéri dimanche le secrétaire à la défense Robert Gates, lors de la conférence internationale sur la sécurité à Munich. Un tel chaos «provoquerait de nouveaux conflits au Moyen-Orient et davantage de terrorisme dirigé contre nous tous».

Le président russe Vladimir Poutine s'est, lui, montré plus critique. Dans une interview à la chaîne satellitaire Al-Jazira, il a affirmé que l'intervention américaine avait fait plus de mal à l'Irak que Saddam Hussein. Il a également appelé Washington à établir un délai pour le retrait des troupes d'Irak.

L'Iran mis en cause

Dans la capitale, des soldats américains et irakiens ont commencé à ratisser le secteur majoritairement chiite de Rusafa, à l'est du fleuve Tigre. L'armée a également annoncé que 140 personnes avaient été arrêtées et 14 caches d'armes découvertes lors d'opérations similaires menées du 3 au 9 février.

De hauts responsables américains de la défense ont par ailleurs accusé l'Iran d'être impliqué «dans la fourniture de projectiles explosifs» à des groupes extrémistes irakiens. Selon eux, des bombes de fabrication iranienne importées illégalement en Irak ont coûté la vie à 170 soldats américains et alliés depuis juin 2004.

(ats)

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