Actualisé 26.04.2008 à 12:26

Iran: victoire des conservateurs

Les conservateurs iraniens ont remporté une nouvelle victoire au second tour des législatives de vendredi, notamment à Téhéran.

Les réformateurs, affaiblis par des disqualifications massives, semblent avoir mieux résisté en province.

Au total, 82 sièges étaient en jeu lors de ce second tour, après la nette victoire des conservateurs au premier tour le 14 mars qui avaient remporté les deux tiers des sièges sur un total de 290. Le scrutin a été annulé dans trois circonscriptions pour irrégularité.

Selon des résultats diffusés samedi, encore partiels mais qui ne devraient guère changer, les conservateurs remportent dix des onze sièges pour le district du grand Téhéran, qui comprend la capitale et les villes qui la ceinturent.

Un seul réformateur, Alireza Mahjoub, arrive à la onzième place. Les conservateurs détiennent 29 des 30 sièges pour Téhéran.

Réformateurs

En province, selon des résultats officiels partiels, les réformateurs résistent mieux avec plus de quinze élus au second tour. Ils peuvent compter former un groupe d'une cinquantaine de députés au Parlement.

Les dirigeants réformateurs parlent même de 70 membres en tablant sur le ralliement d'élus indépendants qui pencheraient plutôt de leur côté.

«Nouvel espoir pour les réformateurs», titrait même à la Une le quotidien modéré «Etemad». Plus de 50 candidats indépendants ont été élus au Parlement, sans que cela ne change la donne politique puisqu'une large majorité de conservateurs tient le majlis (parlement).

Toutefois cette majorité est loin d'être unie derrière le président ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad, qui a multiplié ces dernières semaines les attaques contre la «mafia économique» et ceux qui, selon lui, y compris dans le camp conservateur, l'empêchent d'appliquer sa politique économique.

Pétrodollars

Les experts économiques reprochent au président Ahmadinejad sa politique d'injection massive de pétrodollars dans l'économie, qui a entraîné une forte inflation, atteignant officiellement 18,4 % mais dépassant probablement ce chiffre en réalité.

Les conservateurs, qui s'inquiètent des conséquences sociales d'une telle politique, critiquent également M. Ahmadinejad pour ses discours provocateurs et les remaniements à répétition de son gouvernement.

Après le départ cette semaine du ministre de l'économie, Davoud Danesh-Jafari, qui avait durement critiqué l'amateurisme de l'entourage du président, le ministre de l'intérieur, Mostapha Pour Mohammadi, devra quitter son poste immédiatement après l'annonce officielle des résultats du second tour.

L'ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani, a critiqué ce départ. «Toute action qui crée des doutes, affectant la participation électorale doit être évitée», a-t-il déclaré, selon la presse de ce samedi.

«Contraires à la loi»

La semaine dernière, le président Ahmadinejad avait également critiqué le président conservateur du Parlement, Gholam Ali Hadad- Adel. Il l'avait accusé d'avoir pris des décisions «contraires à la loi» en faisant publier des textes de loi avant que le président ne les promulgue.

La dernière salve de critique envers M. Ahmadinejad est intervenue samedi dans la bouche du chef de l'autorité judicaire, l'ayatollah Mahmoud Hachémi Shahroudi, qui a dénoncé ses déclarations sur la mafia économique.

«Il faut éviter les slogans, l'exagération et les propagandes mensongères dans la lutte contre la corruption économique», a-t-il lancé, en référence au récent discours du président. Ces attaques d'une virulence rare ne sont pas sans lien avec la présidentielle prévue en 2009. Des personnalités conservatrices ne cachent pas qu'elles visent le poste de M. Ahmadinejad.

(ats)

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