Actualisé 08.12.2019 à 07:18

Etats-Unis / IranUn échange de prisonniers organisé sur le sol suisse

Samedi, le Département fédéral des Affaires étrangères a annoncé que deux détenus avaient bel et bien été échangés sur sol helvétique.

Xiyue Wang a été libéré, puis échangé en Suisse.

Xiyue Wang a été libéré, puis échangé en Suisse.

Keystone

Le président américain Donald Trump a remercié samedi l'Iran pour une «négociation très juste» après un échange de prisonniers entre les deux pays ennemis. L'échange a été organisé en Suisse grâce aux bons offices de la Confédération helvétique.

«Vous voyez, nous pouvons parvenir à un accord ensemble», a réagi Donald Trump sur Twitter. Un Américain emprisonné en Iran, Xiyue Wang, et un Iranien détenu aux Etats-Unis, Massoud Soleimani, ont été libérés samedi à l'aéroport de Zurich. «Ravi que le professeur Massoud Soleimani et Xiyue Wang retrouvent leurs familles bientôt», avait écrit plus tôt sur Twitter le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif.

Ce dernier a adressé «un grand merci à tous ceux impliqués, particulièrement au gouvernement suisse», qui représente les intérêts américains à Téhéran en l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays depuis 1980.

«Geste humanitaire»

Xiyue Wang se trouve en Allemagne pour des examens de santé. Il y restera pour un «bref séjour», a indiqué un haut responsable de l'administration américaine. Il est «de très, très bonne humeur» et en apparente bonne santé. «La Suisse confirme son rôle dans le geste humanitaire qui a eu lieu aujourd'hui sur son territoire et a mené à la libération de Soleimani et Wang», a précisé le Département fédéral des affaires étrangères interrogé par l'agence de presse Keystone-ATS.

Des photographies publiées par Washington montrent Xiyue Wang accueilli par des diplomates américains sur le tarmac de l'aéroport de Zurich. Téhéran a également diffusé des clichés montrant le ministre iranien des affaires étrangères avec le professeur iranien.

Xiyue Wang, chercheur sino-américain, purgeait une peine de dix ans de prison pour espionnage en Iran. Doctorant en histoire à l'université de Princeton aux Etats-Unis, il menait des recherches sur la dynastie Qajar en Iran, où il avait été emprisonné en août 2016.

Massoud Soleimani, professeur à l'université Tarbiat Moddares de Téhéran et spécialiste des cellules-souches, s'était rendu aux Etats-Unis le 22 octobre 2018 pour des travaux de recherche. Il avait été arrêté à son arrivée à l'aéroport de Chicago et transféré dans une prison d'Atlanta, selon l'agence d'Etat iranienne Irna.

«Campagne de pression maximale»

Dans un communiqué, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a remercié le gouvernement suisse et s'est réjoui que Téhéran «ait été constructif dans cette affaire». «Nous continuons d'appeler à la libération de tous les ressortissants américains injustement détenus en Iran», a-t-il ajouté.

Sous couvert d'anonymat, un haut responsable américain a confié espérer que la libération de M. Wang signale que «les Iraniens sont peut-être prêts à discuter de toutes ces questions», notamment de leurs programmes nucléaire et d'armement, des «otages américains» détenus en Iran et des «activités néfastes» de Téhéran dans la région.

«La campagne de pression maximale que le président Trump a mis en place fonctionne, et est hautement efficace», a ajouté ce responsable américain, en rappelant que le milliardaire s'était dit prêt à «rencontrer les Iraniens sans préconditions». «Il n'y a eu absolument aucun paiement en liquide ou levée de sanctions ou aucune sorte de concession ou rançon» en échange de la libération de Xiyue Wang, a-t-il insisté.

Accusations d'espionnage

Les relations entre Téhéran et Washington, qui n'entretiennent pas de liens diplomatiques depuis bientôt 40 ans, traversent une nouvelle crise depuis le retrait unilatéral des Etats-Unis en 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien.

Les arrestations d'étrangers en Iran, notamment binationaux, souvent accusés d'espionnage, se sont multipliées depuis le retrait des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien et le rétablissement de dures sanctions américaines contre Téhéran. Le nombre d'Iraniens détenus à l'étranger n'est pas connu.

Privé des retombées économiques qu'il espérait de l'accord sur le nucléaire, l'Iran a commencé en mai 2019 à s'affranchir de certains de ses engagements pris dans le cadre de cet accord. (nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!