Attentat au Pakistan: Islamabad accuse les talibans liés à Al-Qaïda
Actualisé

Attentat au PakistanIslamabad accuse les talibans liés à Al-Qaïda

Le Pakistan a accusé dimanche les talibans liés à Al-Qaïda d'avoir perpétré l'attaque suicide au camion piégé ayant tué la veille au moins 53 personnes à l'hôtel Marriott d'Islamabad.

La communauté internationale a condamné cet acte et soutenu le président Asif Ali Zardari.

Le conseiller du Premier ministre chargé de l'Intérieur, Rehman Malik, a expliqué que les responsables de l'attentat venaient des zones tribales du nord-ouest du Pakistan frontalières avec l'Afghanistan, repaires de combattants islamistes proches d'Al- Qaïda et des talibans afghans.

Cet attentat, avec 600 kg d'explosifs, «porte la marque d'Al- Qaïda», avait dit auparavant à l'AFP un enquêteur.

Personne n'a revendiqué cette attaque - «le 11-Septembre du Pakistan» selon Najam Sethi, rédacteur en chef du «Daily Times» - mais les spécialistes du réseau d'Oussama Ben Laden estiment depuis des mois que le nord-ouest du Pakistan est devenu «le nouveau front de la guerre contre le terrorisme».

1300 tués

Les Etats-Unis sont convaincus que les talibans et Al-Qaïda ont reconstitué leurs forces dans les zones tribales. Les forces américaines en Afghanistan y multiplient elles les tirs de missiles ciblant les combattants fondamentalistes, mais sans épargner des civils, au grand dam d'Islamabad qui proteste en vain.

La République islamique du Pakistan, seule puissance nucléaire militaire du monde musulman, a déjà payé un très lourd tribut à la lutte contre le terrorisme, avec plus d'un millier de soldats tués dans les zones tribales depuis 2002 et, surtout, 1300 tués dans une campagne sans précédent d'attentats suicide depuis plus d'un an.

Oussama Ben Laden en personne et son adjoint Ayman Al-Zawahiri - dont Washington pense qu'ils se terrent dans les zones tribales - avaient décrété il y a un an le jihad au général Pervez Musharraf, qualifié de «chien de Bush».

Au moins un Américain tué

Or son successeur à la présidence du Pakistan, Asif Ali Zardari, est perçu, dans son pays comme à l'étranger, lui aussi comme «l'homme des Etats-Unis».

Il a promis samedi soir d'éliminer le «cancer» du terrorisme et a reçu le soutien de toute la communauté internationale condamnant d'une seule voix un acte «ignoble».

Le bilan officiel était dimanche soir de 53 tués et 266 blessés selon M. Malik, mais plusieurs responsables de la police ont assuré qu'au moins 60 personnes avaient péri, dont un Américain et un autre «étranger». Le ministère pakistanais de l'Intérieur a lui dit que deux Américains et un Vietnamien figuraient parmi les tués et que 11 étrangers avait été blessés.

Prague a annoncé que son ambassadeur au Pakistan, Ivo Zdarek, avait été tué dans l'attentat et le Danemark qu'un de ses diplomates était porté disparu.

Pas de Suisse parmi les victimes

En revanche, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a lui dit qu'aucun ressortissant suisse ne figurait parmi les victimes.

Cet hôtel huppé était lui fréquenté par les élites pakistanaises et la communauté étrangère expatriée. Des femmes et des enfants figurent parmi les tués, selon des sources hospitalières et policières.

Une vidéo diffusée dimanche à la télévision a montré que le kamikaze a d'abord précipité son énorme camion sur la barrière de sécurité du Marriott, avant de se faire exploser dans la cabine. Plus plusieurs minutes après, l'énorme charge de 600 kg a sauté.

Discours par Zardari au Parlement

Un cratère de 18 m de diamètre et huit mètres de profondeur trouait la chaussée. Les alentours ressemblaient encore dimanche soir à une vraie scène de guerre.

L'attentat a eu lieu peu après une intervention de M. Zardari devant le parlement. Il a demandé au gouvernement de ne «pas permettre que le territoire national serve à mener des activités terroristes» contre l'Afghanistan.

Il a aussi appelé les parlementaires à réduire ses pouvoirs constitutionnels, notamment ceux lui permettant de dissoudre l'Assemblée nationale et de démettre le gouvernement.

(ats)

Ton opinion