Basketball: Isolement, ultras et naturalisation: les débuts fous de Jurkovitz en Israël

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BasketballIsolement, ultras et naturalisation: les débuts fous de Jurkovitz en Israël

Le transfert du Fribourgeois à Genève était l’un des gros coups du mercato. Il s’est finalement envolé pour l’Hapoël Beer-Sheva à la surprise générale en août. «Jurko» raconte son nouveau quotidien à près de 3000 kilomètres de la Suisse.

par
Ugo Curty
Natan Jurkovitz a disputé cinq saisons avec Fribourg. avant de tenter sa chance à l’étranger. Arrivé à Olympic en 2016, il a remporté neuf trophées avec son club (3 titres de champions, 3 coupes de Suisse et 3 coupes de la ligue).

Natan Jurkovitz a disputé cinq saisons avec Fribourg. avant de tenter sa chance à l’étranger. Arrivé à Olympic en 2016, il a remporté neuf trophées avec son club (3 titres de champions, 3 coupes de Suisse et 3 coupes de la ligue).

KEYSTONE

Natan Jurkovitz, comment se passent vos débuts en Israël?

Tout a été rendu plus compliqué par la situation sanitaire. En tant que joueur, je dois me mettre en isolement social, pratiquement comme en quarantaine. Mon quotidien, c’est basket, maison, dodo. Je ne vois que mon équipe et j’habite seul. C’est bizarre, un peu étrange. Mais cela me permet aussi de me concentrer à fond sur mon sport et mon développement. Après tout, c’est surtout pour ça que je suis parti.

Vous n’avez pas le droit de sortir en dehors des matches et des entraînements?

On peut aller faire nos courses, mais ils nous conseillent de nous les faire livrer. La ligue a mis à disposition une application pour tout commander. Cela nous permet d’éviter le plus possible de croiser des gens.

C’est un peu comme si vous viviez sur la lune?

C’est exactement ça! (rires)

Ce n’est pas trop difficile à vivre pour vous?

Non. Je suis quelqu’un qui aime bien être seul et je reste un privilégié. Le club m’a mis un bel appartement à disposition dans un quartier sympa. Je suis surtout content parce qu’il y a une grande cuisine. J’adore me faire à manger. Cela me permet de faire autre chose.

La vue depuis le balcon de son appartement à Beer-Sheva, ville de 210’000 habitants dans le sud d’Israël.

La vue depuis le balcon de son appartement à Beer-Sheva, ville de 210’000 habitants dans le sud d’Israël.

DR

Vos proches sont restés en Suisse?

Oui. Ce qui est le plus dur, c’est de savoir que personne ne pourra me rendre visite ici. En gros, je vais passer une année tout seul en Israël. Loin de tout. Heureusement, grâce aux nouvelles technologies, on peut être en contacts quotidiens. On s’appelle souvent, on se voit par écrans interposés et je joue aussi aux jeux vidéo en ligne avec mon frère.

Votre transfert à Beer-Sheva a surpris pas mal de monde cet été

Cela s’est fait très vite. Partir à l’étranger, c’est un rêve que j’avais depuis longtemps. J’étais déjà venu jouer en Israël avec Fribourg en Coupe d’Europe (ndlr: Olympic avec affronté Holon en Ligue des champions fin 2018). J’ai adoré la ferveur du public. La ligue israélienne est l’une des meilleures sur la scène européenne. Le niveau de professionnalisme est comparable à ce qu’on voit chez nous dans les grands clubs de foot ou de hockey. En plus, il y a une vraie culture basket dans tout le pays. À Beer-Sheva, les joueurs ont un petit statut de stars. Je le vois avec les chauffeurs de taxi qui m’emmènent à l’entraînement. C’est le tremplin idéal pour moi.

La Conch Arena, où joue l’Hapoël Beer-Sheva, a une capacité de 3000 places.

La Conch Arena, où joue l’Hapoël Beer-Sheva, a une capacité de 3000 places.

DR

Le huis clos est aussi en place dans les salles en Israël?

Oui, malheureusement. On a par exemple joué à Jérusalem dans une arène de 11’000 places complètement vide. C’est frustrant. Mais nos supporters sont fantastiques. L’autre jour, les ultras sont venus nous accueillir à notre arrivée à la salle, deux heures avant le match. Ils étaient tous masqués, avec des fumigènes et des tambours. Ensuite, ils ont chanté tout le match à l’extérieur. On les a bien entendus. Le kop met la même ambiance que pour un match de Fribourg-Gottéron.

Comme à Fribourg, Natan Jurkovitz porte le numéro 99.

Comme à Fribourg, Natan Jurkovitz porte le numéro 99.

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Est-ce qu’en tant que renfort étranger, vous avez une pression supplémentaire?

Non, je sens que le coach me fait confiance et connaît bien mon style de jeu et ce que je peux apporter à l’équipe (ndlr: sur les trois premiers matches disputés, Jurkovitz affiche une moyenne de 8,7 points et 4,3 rebonds pour une évaluation de +8,3 en 20 minutes de temps de jeu). Je suis d’ailleurs en passe d’obtenir la nationalité israélienne grâce à mon grand-père, qui est de confession juive. J’aurai ainsi une licence de jeu israélienne.

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