Actualisé 17.07.2014 à 09:56

Proche-OrientIsraël accepte le cessez-le-feu à Gaza

Le cabinet de sécurité israélien, présidé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a accepté mardi matin la proposition de trêve pour Gaza présentée par l'Egypte, selon les médias israéliens.

«Le cabinet de sécurité a décidé d'accepter l'initiative égyptienne pour un cessez-le-feu commençant à 09h00 locales (08h00 en Suisse)», a affirmé un porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu. «Nous avons accepté la proposition israélienne afin de laisser une chance de démilitariser la bande de Gaza - supprimer les missiles, les roquettes et les tunnels - par des voies diplomatiques», a déclaré ensuite le Premier ministre.

«Mais si le Hamas n'accepte pas le cessez-le-feu, comme ça semble être le cas, Israël aura toute la légitimité internationale pour intensifier l'opération militaire destinée à restaurer le calme», a ajouté le chef du gouvernement israélien.

L'armée israélienne a dit avoir stoppé ses raids sur le territoire palestinien, qui ont fait près de 200 tués, en majorité des civils, depuis une semaine. Les bombardements semblaient avoir cessé dans la matinée, selon des journalistes de l'AFP à Gaza. L'armée a fait état de trois tirs de roquettes vers Israël après 08h00.

Accord exigé par le Hamas

Le Hamas a pour l'heure écarté tout cessez-le-feu qui n'intégrerait pas un accord complet sur le conflit l'opposant à Israël. Il exige l'arrêt des bombardements, la fin du blocus de Gaza en place depuis 2006, l'ouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte et la libération des prisonniers arrêtés après avoir été relâchés dans le cadre d'un accord d'échange contre un soldat israélien en 2011.

La branche militaire du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, a qualifié la proposition égyptienne de «reddition» et menacé d'«intensifier» sa lutte contre Israël.

Un haut dirigeant du mouvement islamiste a toutefois déclaré mardi matin que le Hamas continue à discuter en interne de la proposition de cessez-le-feu.

Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza sur le plan sécuritaire, a par ailleurs fermé mardi matin son poste de contrôle frontalier avec Israël, empêchant toute entrée et sortie de l'enclave.

Proposition égyptienne saluée

Médiatrice lors des précédentes crises entre Israël et le Hamas, l'Egypte a proposé un «arrêt total des hostilités aériennes, maritimes ou terrestres» à compter de mardi à 08h00. Elle demande dans la foulée l'ouverture de négociations sur l'entrée des biens et des personnes dans l'enclave palestinienne sous blocus depuis 2006.

La Ligue arabe, réunie au Caire, a appelé dans la nuit Israéliens et Palestiniens à accepter cette proposition, saluée aussi par le président américain Barack Obama et l'émissaire du Quartette pour le Proche-Orient Tony Blair. Le président palestinien Mahmoud Abbas s'est également félicité de l'initiative égyptienne, appelant les deux parties à respecter le cessez-le-feu.

Le ballet diplomatique devait se poursuivre mardi. Si le secrétaire d'Etat américain John Kerry a renoncé à se rendre au Caire, le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier devait rencontrer mardi Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas. La ministre italienne des Affaires étrangères Federica Mogherini, dont le pays préside l'UE, lui succédera mercredi.

Près de 200 tués en une semaine

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a estimé que «trop de civils palestiniens» avaient été tués.

En une semaine, les bombardements israéliens de la bande de Gaza ont fait 192 tués et près de 1300 blessés, selon un dernier bilan des services de secours.

Selon l'armée israélienne, environ 840 roquettes ont atteint Israël depuis le début des hostilités et près de 200 ont été interceptées par la défense anti-aérienne. Elles ont fait quatre blessés graves.

Par ailleurs, des roquettes ont été lancées dans la nuit de Syrie et du Liban, dont deux sont tombés sur le Golan, région occupée par Israël. (ats/afp)

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