Israël approuve un échange de prisonniers avec le Hezbollah
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Israël approuve un échange de prisonniers avec le Hezbollah

Le cabinet israélien a donné son feu vert mardi à un échange de prisonniers avec le Hezbollah.

D'après David Baker, porte-parole du gouvernement, seuls trois des 25 ministres présents lors de la réunion se sont prononcés contre l'accord, dont la mise en oeuvre doit avoir lieu mercredi sous les auspices des Nations unies.

Alors que cet accord est controversé en Israël, au Liban, le Hezbollah s'est targué d'une défaite «humiliante» infligée à l'Etat hébreu, et le gouvernement a décrété mercredi jour férié pour célébrer la libération des prisonniers.

Cinq détenus libanais -dont un homme condamné pour meurtre et quatre militants du Hezbollah- doivent être remis en échange de deux soldats israéliens enlevés il y a deux ans et présumés décédés. Les deux militaires, Ehoud Goldwasser et Eldad Regev, présumés morts, avaient été capturés lors d'un raid transfrontalier des miliciens chiites, qui avait déclenché le conflit de l'été 2006 au Liban.

En contrepartie des deux militaires, Israël doit libérer un militant libanais, Samir Kantar. Il a été condamné à plusieurs peines de réclusion à perpétuité pour le meurtre d'un père, de sa fille de quatre ans et de deux policiers lors d'une infiltration en 1979 à Nahariya, ville du nord d'Israël à huit kilomètres de la frontière libanaise.

Le président israélien Shimon Pérès a signé mardi soir le décret graciant Samir Kantar en prélude à l'échange. «C'est une triste journée pour moi et pour le pays», a déclaré M. Pérès juste avant d'apposer son nom sur le texte. La décision n'a pas été prise de gaieté de coeur, avait-il déjà souligné avant le vote du cabinet.

«D'un autre côté, nous avons le plus terrible assassin. De l'autre, nous avons notre engagement vis-à-vis de nos hommes envoyés combattre pour leur pays. Il est de notre devoir moral, et c'est notre souhait le plus cher, de les faire revenir», a-t-il déclaré.

L'accord prévoit également le transfert des corps de 199 combattants libanais et palestiniens tués au cours d'affrontements. La Croix-Rouge doit s'occuper de l'échange à la frontière israléo-libanaise.

Côté libanais, le Hezbollah a affirmé que l'acceptation de cet accord par Israël représentait une «reconnaissance officielle de défaite» face au mouvement chiite libanais. Le commandant du Hezbollah pour le Sud-Liban, cheikh Nabil Kaouk, a déclaré que cet échange de prisonnier démontre «l'échec humiliant (d'Israël) dans sa confrontation avec la résistance, militairement et politiquement».

Plus tard mardi, le gouvernement libanais a annoncé que mercredi serait un jour férié afin de «célébrer la libération de prisonniers des prions de l'ennemi israélien et le retour des dépouilles de martyrs».

On apprenait par ailleurs mardi qu'un agent allemand aurait joué un rôle-clé dans les négociations qui ont abouti sur cet accord entre Israël et le Hezbollah. Selon un document confidentiel émanant des services de la chancelière Angela Merkel et obtenu par l'Associated Press, un agent des services de renseignement allemands a travaillé pendant 18 mois pour obtenir l'accord. (ap)

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