Israël bombarde la banlieue sud de Beyrouth
Actualisé

Israël bombarde la banlieue sud de Beyrouth

Israël a bombardé vendredi avant l'aube la banlieue sud chiite de Beyrouth, bastion du Hezbollah, et une centrale électrique dans le sud du Liban.

C'est le troisième jour de l'offensive israélienne déclenchée par la capture de deux de ses soldats par le mouvement libanais.

Face à l'aggravation de la crise, la pire au Proche-Orient depuis de nombreuses années, une délégation de l'ONU, de même que le Haut représentant de la politique étrangère européenne Javier Solana, sont attendus dans la région pour tenter de limiter les conséquences du conflit qui risque de dégénérer.

De nombreux pays ont appelé à la retenue dont les Etats-Unis, alors que le Conseil de sécurité de l'ONU a prévu vendredi une réunion en urgence sur la dégradation de la situation, à la demande du gouvernement libanais qui a demandé «un cessez-le-feu immédiat».

Poursuite des raids

Mais sur le terrain, la violence et les menaces ont continué. L'aviation israélienne a visé avant l'aube un quartier où se trouve le siège du commandement du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth faisant deux morts et 17 blessés, de même que plusieurs ponts après un survol intensif de la capitale libanaise.

En même temps, la centrale électrique de Jiyé, sur le littoral à 25 km au sud de Beyrouth, a été touchée par les bombardements israéliens et ses réservoirs sont en feu, selon la police.

Le ministre israélien de la Défense Amir Peretz a affirmé que son pays voulait «briser» le Hezbollah qui a capturé deux soldats et en a tué trois dans une attaque mercredi à la frontière libano- israélienne. Cinq soldats ont péri dans des accrochages.

Campagne intensifiée

De même, le Premier ministre Ehud Olmert a autorisé l'armée à «poursuivre son opération et à frapper plus d'objectifs» au Liban. L'aviation, l'artillerie et la marine israéliennes sont ainsi mobilisées pour pilonner des objectifs à travers le pays.

Jeudi, au moins 46 civils dont des enfants ont été tués dans les bombardements qui ont visé à deux reprises l'aéroport international de Beyrouth entraînant sa fermeture, 21 ponts, des bases du Hezbollah et de l'armée libanaise, des routes et même touché des habitations.

Le Hezbollah a tiré le même jour, selon Israël, une centaine de roquettes sur une vingtaine de localités du nord, où trois Israéliens ont été tués et une centaine blessés. Deux roquettes Katioucha sont tombées pour la première fois sur Haïfa, à une quarantaine de kilomètres de la frontière du Liban. Le Hezbollah a démenti toute responsabilité.

Mettant en application ses menaces d'appliquer un blocus aérien, maritime et terrestre au Liban, l'aviation israélienne a aussi bombardé la route internationale reliant Beyrouth à Damas, entraînant sa fermeture.

Syrie accusée

Cette recrudescence fait craindre une extension du conflit, notamment après les accusations lancées par Israël contre la Syrie. Le président George W. Bush, affirmant qu'Israël avait «le droit de se défendre», a aussi accusé la Syrie qui selon lui devrait «rendre des comptes».

Dans ce contexte de graves tensions, le président d'Iran Mahmoud Ahmadinejad a mis en garde Israël contre toute agression contre la Syrie, menaçant l'Etat hébreu d'une «riposte cinglante». (ats)

Ton opinion