Proche-Orient: Israël donne son feu vert à 900 logements
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Proche-OrientIsraël donne son feu vert à 900 logements

Les mauvaises nouvelles s'accumulent pour les Palestiniens: mardi, Israël a autorisé la construction de 900 nouveaux logements dans Jérusalem-est annexée.

A Bruxelles, l'UE a jugé «prématurée» la demande de soutien que lui a adressée l'Autorité palestinienne en vue d'un Etat indépendant.

«La commission de planification et de construction a autorisé la construction de 900 logements dans le quartier de Gilo à Jérusalem», a indiqué un communiqué officiel. L'Autorité palestinienne a aussitôt condamné «sévèrement» cette initiative.

Les Etats-Unis ont quant à eux jugé cette décision «consternante»., «Nous estimons que cette action rend le succès de nos efforts plus difficile. Nous protestons contre cela et contre d'autres pratiques relatives au logement à Jérusalem», a déclaré Ian Kelly, porte-parole du département d'Etat américain.

Construit sur des terres palestiniennes confisquées, le quartier de Gilo, près de Bethléem (Cisjordanie), compte plus de 30 000 habitants et fait partie de la ceinture du «Grand Jérusalem» bâtie par Israël pour renforcer son contrôle sur Jérusalem-est.

La radio militaire israélienne avait indiqué auparavant que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait rejeté une demande américaine pour un gel de la construction de dizaines de logements dans ce quartier.

Israël tient tête à Washington

L'émissaire spécial américain pour le Proche-Orient, George Mitchell, avait averti lundi M. Netanyahu que ce projet risquait de provoquer des tensions avec les Palestiniens et menacerait une reprise des négociations.

M. Netanyahu a aussitôt rejeté ces critiques en soulignant que Gilo faisait «partie intégrante de Jérusalem» et qu'il n'avait aucune intention d'y limiter la construction de logements.

La partie orientale de Jérusalem, où vivent quelque 180 000 Israéliens ainsi que 270 000 Palestiniens, a été conquise durant la guerre de 1967 puis annexée. Cette annexion n'a jamais été reconnue par la communauté internationale.

Négociations bloquées

Les colonies dans les Territoires palestiniens occupés constituent le principal obstacle à une reprise des négociations israélo-palestiniennes, suspendues depuis près d'un an.

Les Palestiniens soulignent que la partie orientale de la Ville Sainte, dont ils veulent faire la capitale de leur futur Etat, représente plus du tiers (37 %) des implantations juives dans les Territoires palestiniens.

Face à ces blocages persistants, les Palestiniens ont fait part de leur intention de demander à l'ONU de reconnaître un Etat palestinien indépendant afin de sortir de l'impasse. Cette démarche a naturellement obtenu une fin de non recevoir des dirigeants israéliens.

Washington s'est également prononcé contre, soulignant que l'Etat palestinien devrait naître par la négociation entre Israéliens et Palestiniens.

Trop tôt pour Bruxelles

Approchée pour un éventuel soutien, l'UE a aussi refusé. «J'espèrerais être en position de reconnaître un Etat palestinien mais il doit d'abord en exister un, donc je pense que c'est un peu prématuré», a déclaré mardi le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, dont le pays occupe la présidence tournante de l'UE.

Même son de cloche pour Javier Solana, le porte-parole de la diplomatie européenne. «Cela doit être fait dans le temps et la sérénité, le moment venu», a-t-il confié.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a indiqué qu'aucune démarche n'avait été faite auprès de la Suisse pour un soutien à une demande de reconnaissance d'un Etat palestinien.

Cette impasse durable au Proche-Orient est lourde de dangers, estiment les observateurs. «Ou il y a reprise des négociations, ce qui nécessite une initiative américaine, ou il y a un vide politique, ce qui serait dangereux car il serait comblé très probablement à un moment donné par un conflit», prédit George Giacaman, professeur de science politique à l'université palestinienne de Bir Zeït.

(ats)

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