Actualisé 16.05.2008 à 15:50

Israël exclut toute discussion sur le droit au retour

Israël a écarté vendredi toute discussion sur la possibilité d'inclure dans un accord de paix le droit au retour des réfugiés palestiniens de 1948.

Le même jour, le chef terroriste Oussama ben Laden a répété que les musulmans ne renonceraient à «aucun pouce de la Palestine».

Mark Regev, porte-parole du Premier ministre israélien Ehud Olmert, a déclaré que le président palestinien Mahmoud Abbas devait abandonner l'exigence du retour s'il voulait présider à l'établissement d'un Etat palestinien. «Cette exigence du droit au retour, qui n'existe pas dans le droit international, est l'ultime obstacle à un accord», a-t-il déclaré.

«On ne peut avoir la paix et cette exigence dans le même temps», a ajouté Mark Regev alors que les négociations lancées dans le cadre du processus d'Annapolis en sont à leur sixième mois. Sept cent mille personnes, soit près de la moitié de la population arabe de Palestine en mai 1948, se sont enfuies ou ont été chassées lors de la création d'Israël, qui vient de commémorer son 60e anniversaire.

Etat juif remis en cause

Laisser revenir ces réfugiés et leurs descendants, estimés au total à 4,5 millions aujourd'hui, répartis dans des camps au Liban, en Syrie, en Jordanie ou en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza, remettrait en cause la nature même de l'Etat juif, fait valoir Israël. L'Etat hébreu compte environ sept millions d'habitants dont 20 % d'Arabes.

Lors de sa visite en Israël, George Bush n'a qu'à peine évoqué le processus de paix ou le sort des Palestiniens, mais il a apporté un soutien sans faille à Israël.

Message d'Oussama ben Laden

Oussma ben Laden a en revanche marqué à sa manière le 60e anniversaire de l'Etat d'Israël. Il a rappelé dans un message diffusé vendredi que le «djihad» était un devoir pour libérer les territoires palestiniens.

«Si Dieu le veut, nous continuerons la lutte contre les Israéliens et leurs alliés et ne renoncerons à aucun centimètre carré de terre de Palestine tant qu'il y aura au moins un musulman véritable sur la Terre», dit-il dans l'enregistrement.

Le chef du réseau islamiste Al Qaïda insiste depuis plusieurs messages sur le conflit israélo-palestinien, qui est selon lui au coeur de la lutte engagée contre l'Occident et qui fut un facteur décisif des attentats du 11 septembre 2001 contre les Etats-Unis.

L'activiste s'en prend aussi aux médias occidentaux qui, accuse- t-il, évoquent depuis des années les Israéliens comme des victimes et les Palestiniens expulsés de leur terre comme des terroristes. «La participation des dirigeants occidentaux avec les Juifs à cette célébration confirme que l'Occident soutient cette occupation juive de notre terre», ajoute-t-il.

Faible ancrage

L'authencité de la bande n'a pu être établie dans l'immédiat, mais la voix ressemble à celle de Ben Laden. En dépit des appels de partisans d'Al Qaïda à l'établissement d'une présence du réseau dans les territoires palestiniens, les responsables des renseignements américains n'en ont pas trouvé jusqu'ici la preuve.

Selon les analystes, Al Qaïda peine à s'imposer sur le terrain face à la concurrence du Hamas.

Sur le terrain, une synagogue de la ville de Sdérot dans le sud d'Israël a été endommagée dans la nuit de jeudi à vendredi par l'explosion d'une roquette tirée à partir de la bande de Gaza. Le tir a seulement causé des dommages matériels. Un autre projectile a touché un jardin d'enfants, sans faire de blessé. (ats)

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