Proche-Orient: Israël fait face aux pressions américaines
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Proche-OrientIsraël fait face aux pressions américaines

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit élaborer sa réponse aux pressions croissantes des Etats-Unis sur la colonisation.

Pour ce faire, il a réuni vendredi son cabinet de sécurité. Il a écarté tout changement de politique concernant la ville de Jérusalem.

M. Netanyahu a présenté au cabinet de sécurité, qui regroupe les sept ministres les plus importants, «une série de dossiers sur la base des contacts qu'il a eus aux Etats-Unis afin de relancer les discussions de paix avec les Palestiniens», selon un communiqué de son bureau. Aucun détail n'a filtré sur la teneur de la réunion.

Selon les médias israéliens, le président américain Barack Obama demanderait dans un document écrit que le chef du gouvernement israélien s'engage à ne pas reprendre la colonisation en Cisjordanie en septembre, au terme d'un moratoire de 10 mois.

M. Obama exigerait également un arrêt de la construction de logements dans les quartiers israéliens à Jérusalem-Est, où les Palestiniens veulent faire la capitale de leur futur Etat, ainsi que la libération de centaines de prisonniers palestiniens. Une information que confirme le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa.

Le gouvernement israélien refuse d'entrer en matière sur ce point. «La position arabe est très claire: les négociations (avec Israël) dépendent du gel de la colonisation et en particulier de l'annulation de la décision israélienne de construire 1600 logements à Jérusalem-Est», a déclaré M. Moussa à des journalistes.

Il a indiqué que le sommet arabe, qui s'ouvre samedi, adopterait une résolution sur la position arabe en ce qui concerne les négociations indirectes entre Israël et les Palestiniens.

Israël campe sur ses positions

Avant la réunion de son cabinet, M. Netanyahu a affirmé une nouvelle fois qu'il n'y aurait «aucun changement dans la politique d'Israël concernant Jérusalem, qui est celle menée par tous les gouvernements israéliens depuis 42 ans».

«Selon ses intérêts»

Il est en effet peu probable que la réunion des sept principaux ministres, en majorité des faucons de droite, aboutisse à un règlement rapide de la crise avec Washington.

Selon le quotidien «Haaretz» (gauche), M. Netanyahu n'aurait de fait pas l'intention de changer de majorité en faisant entrer au gouvernement le parti Kadima (centre), plus modéré.

«Il faut attendre patiemment. Tous les aspects du problème seront dûment examinés et le forum des sept (ministre) formulera la position d'Israël selon les intérêts d'Israël», a indiqué le secrétaire du cabinet.

M. Netanyahu est rentré jeudi soir en Israël après une visite sous tension aux Etats-Unis qui n'a pas permis de régler la crise avec l'administration Obama et qui a jeté le doute sur une possible reprise du dialogue israélo-palestinien.

Mercredi, malgré l'ire qu'avait suscité à Washington la récente annonce de la construction de 1600 logements dans un quartier de Jérusalem-est annexée, les autorités israéliennes ont donné le feu vert à la construction de 20 nouveaux logements à Jérusalem-Est, dans un autre quartier cette fois-ci.

Les ministres arabes réunis

Vendredi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon devait de son côté s'entretenir en Libye avec les ministres arabes des Affaires étrangères, qui entendent mobiliser la communauté internationale face à la politique de colonisation israélienne.

La réunion, à laquelle doit assister le président palestinien Mahmoud Abbas, devait tenter de définir la position qui sera adoptée par les dirigeants arabes envers le processus de paix au Proche- Orient lors de leur sommet, ce week-end à Syrte.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, avait précisé jeudi que cette réunion du comité de suivi de l'Initiative arabe de paix (adoptée en 2002) discuterait de la position à adopter en cas d'échec des efforts américains pour mettre un terme aux activités israéliennes de colonisation. «La possibilité d'un échec», avait-il estimé, est «la plus probable».

Violences à Gaza

Sur le terrain, deux soldats israéliens et deux Palestiniens armés ont été tués vendredi dans l'accrochage le plus meurtrier survenu à la frontière de la bande de Gaza depuis l'offensive israélienne de décembre 2008 et janvier 2009, ont indiqué l'armée israélienne et des sources palestiniennes.

Après cet affrontement, cinq blindés et deux bulldozers israéliens ont pénétré dans la bande de Gaza en direction de la ville de Khan Younès, a-t-on appris de source palestinienne.

La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton s'est déclarée «extrêmement préoccupée» par les violences à Gaza, appelant Israéliens et Palestiniens à un «arrêt complet de toutes les violences».

(ats)

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