Proche-Orient: Israël intensifie son offensive en lançant de nouveaux raids
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Proche-OrientIsraël intensifie son offensive en lançant de nouveaux raids

Israël a intensifié ses opérations dans le sud de la bande de Gaza. L'Etat hébreu a envoyé tôt jeudi des dizaines de chars en provenance dans cette zone et mené des raids aériens contre la ville de Rafah, près de la frontière égyptienne.

Des avions ont effectué deux raids à Rafah. Ils ont visé une maison et un tunnel soupçonné de servir à la contrebande, selon des témoins. Quatre missiles sont également tombés sur une zone inhabitée.

L'armée a confirmé que des raids avaient lieu, qui, selon de premières informations, n'ont pas fait de victimes. Elle avait largué mercredi soir des tracts sur Rafah sommant les habitants des zones frontalières de l'Egypte de quitter les lieux en raison de prochains bombardements.

Dans les zones peuplées

Des chars israéliens, appuyés par des hélicoptères, sont aussi entrés dans le sud de la bande de Gaza, selon des témoins. Une information que l'armée a refusé de confirmer ou démentir.

Un raid aérien mercredi soir contre une mosquée de Gaza-ville a par ailleurs détruit l'édifice, faisant trois blessés, selon des sources palestiniennes.

Lors d'une réunion mercredi présidée par le Premier ministre sortant Ehud Olmert, le cabinet de sécurité avait «approuvé la poursuite des opérations terrestres, y compris une troisième phase qui élargira l'offensive en pénétrant plus avant dans les zones peuplées».

Tractations bloquées

Sur le front diplomatique, Israël a annonçé l'envoi d'émissaires au Caire pour discuter de propositions de cessez-le-feu du président égyptien Hosni Moubarak, en coordination avec son homologue français Nicolas Sarkozy.

Les Etats-Unis se sont dits ouverts à l'initiative égyptienne. Le Hamas a fait part de ses «réserves».

A New York, les ministres des Affaires étrangères américain, français et britannique ont décidé de prolonger leur séjour pour tenter de débloquer au Conseil de sécurité de l'ONU les tractations avec leurs collègues arabes sur la crise à Gaza.

Accalmie de trois heures

A la suite de l'initiative égyptienne, Israël a interrompu ses bombardements sur Gaza-ville mercredi pour trois heures «pour des raisons humanitaires». Le Hamas a cessé ses tirs de roquettes durant cette brève accalmie.

Les habitants de la ville, paralysée par douze jours de raids, en ont profité pour se ravitailler. Selon l'armée israélienne, 78 camions d'aide humanitaire sont entrés dans le territoire.

Critiques du CICR

Le Croissant-Rouge palestinien et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont pour la première fois eu accès mercredi après-midi à plusieurs maisons de la ville de Gaza. Quatre ambulances ont pu entrer dans le quartier de Zeitoun, a indiqué le CICR dans un communiqué.

L'organisation demandait depuis samedi un accès sécurisé à cette zone touchée par les bombardements israéliens mais n'a reçu que mercredi l'autorisation des autorités israéliennes. Elle juge ce délai «inacceptable».

L'armée israélienne a tenté d'empêcher les secouristes de porter assistance à des blessés, a aussi dénoncé le CICR. Elle a aussi manqué à ses obligations envers le droit humanitaire international, qui demande de soigner et d'évacuer les blessés.

Plus de 700 morts

Les agences humanitaires ont dénoncé une crise «totale» dans ce territoire pauvre et surpeuplé, qui manque de denrées alimentaires, de carburant, d'eau courante et souffre de coupures d'électricité.

Israël affirme que son offensive vise à contraindre le Hamas à mettre fin aux attaques à la roquette, qui ont tué quatre Israéliens depuis le 27 décembre. Vingt-deux roquettes ou obus de mortier se sont abattus mercredi sur le sud d'Israël.

L'opération a tué au moins 704 Palestiniens et fait quelque 3100 blessés en 12 jours, selon un bilan des services d'urgence palestiniens.

(ats)

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