Dictateurs arabes: Israël pense qu'Assad finira comme Kadhafi
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Dictateurs arabesIsraël pense qu'Assad finira comme Kadhafi

Le ministre israélien de la défense a estimé samedi que le président syrien Bachar al-Assad risquait de connaître le même sort que l'ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi, mort lynché.

Le président syrien Bachar al-Assad «a franchi le point de non retour» et risque de connaître le même sort que les anciens dirigeants libyen Mouammar Kadhafi et irakien Saddam Hussein, a estimé samedi le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak.

«Je pense qu'il a franchi le point de non retour, il ne pourra aucunement rétablir son autorité ou sa légitimité», a déclaré M. Barak au cours d'une conférence sur la sécurité internationale au Canada.

«Je ne dis pas qu'il s'agit d'un processus linéaire, cela dure depuis plus de six mois, mais la pente risque d'être encore plus raide puisque, comme nous le voyons, des gens au sein de ses forces de sécurité, de ses forces armées, de son administration commencent à évaluer comment tout cela va finir», a-t-il ajouté devant quelque 300 experts de la défense, réunis à Halifax (sud-est).

«Je pense que nous voyons pour la première fois des fractures dans son soutien», a-t-il encore indiqué.

«Et c'est également clair pour moi que ce qui est arrivé il y a quelques semaines à Kadhafi... et ce qui est arrivé à Saddam Hussein, pourrait maintenant l'attendre», a poursuivi M. Barak. «D'un autre côté, cela pourrait l'amener à être encore plus brutal».

Aucun rôle

«Je pense que la réponse mondiale --en particulier de la Ligue arabe qui l'a abandonné, du roi Abdallah de Jordanie qui l'a critiqué publiquement, de la façon dont les Turcs le pressent de plus en plus-- représente des signes réels d'une accélération menant à la fin de ce régime», a-t-il dit.

«Nous n'aurons probablement pas besoin l'an prochain d'avoir une session sur la Syrie», a-t-il lancé aux participants de la conférence de Halifax.

Ehud Barak a reconnu qu'Israël «pourrait tirer profit» d'un changement de régime en Syrie, mais «il ne serait pas le seul». «Cela pourrait profiter au peuple syrien», a-t-il ajouté, tout en insistant sur le fait qu'Israël «ne joue aucun rôle» dans le pays voisin.

La Syrie est secouée depuis la mi-mars par un mouvement de contestation sans précédent, qui tend à dégénérer en conflit armé, la répression de la contestation ayant fait plus de 3.500 morts, selon l'ONU.

Commentant le printemps arabe, M. Barak a jugé le mouvement de révolte populaire «extrêmement émouvant et presque inspirant à première vue».

Toutefois, a-t-il prédit, «en aucun endroit dans le monde arabe, une démocratie à la Jefferson émergera, en aucun endroit dans le monde arabe des intellectuels comme Vaclav Havel vont s'imposer, et il y a en fait un risque sérieux de voir certaines de ces sociétés passer sous le contrôle des Frères musulmans». (afp)

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