Proche-Orient: Israël rouvre l'esplanade des Mosquées à Jérusalem
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Proche-OrientIsraël rouvre l'esplanade des Mosquées à Jérusalem

L'Etat hébreu a décidé jeudi de rouvrir l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-est tout en en interdisant l'accès aux hommes de moins de cinquante ans, a indiqué une porte-parole de la police.

Un Palestinien a été tué jeudi à Jérusalem-Est dans un échange de tirs avec des policiers israéliens. Ceux-ci étaient venus l'arrêter pour son implication présumée dans une tentative d'assassinat contre une figure de l'extrême droite israélienne. Israël a ensuite pris la décision, rarissime, de fermer l'esplanade des Mosquées.

En début de soirée, le site a été rouvert, mais il demeurait interdit aux hommes de moins de cinquante ans, selon une porte-parole de la police.

Le président palestinien Mahmoud Abbas avait qualifié de «déclaration de guerre» cette fermeture et les agissements israéliens à Jérusalem-Est.

Moataz Hejazi, 32 ans, a été abattu sur le toit d'un immeuble à Abou Tor, selon la police. Le quartier a été bouclé par les forces de sécurité qui ont essuyé des jets de pierres de la part de jeunes manifestants palestiniens, le visage caché par un foulard ou une capuche. Les affrontements se poursuivaient plusieurs heures après la fusillade.

Colon né aux Etats-Unis

M. Hejazi était soupçonné d'avoir grièvement blessé par balles le militant de l'extrême droite israélienne Yehuda Glick, qui fait campagne pour que les juifs puissent prier dans l'enceinte du Mont du Temple. Les musulmans appellent ce lieu l'esplanade des Mosquées et le considèrent comme le troisième lieu saint de l'islam.

Yehuda Glick, un colon né aux Etats-Unis, a été blessé mercredi soir à sa sortie d'une conférence au centre Menahem Begin à Jérusalem. Son agresseur a pris la fuite à moto.

«Défense d'Al Aqsa»

Le porte-parole de la police israélienne Micky Rosenfeld a précisé que le suspect avait ouvert le feu alors que des unités de la police antiterroriste encerclaient sa maison à Abou Tor. «Elles ont riposté et tué le suspect», a-t-il ajouté.

Des habitants ont raconté que des centaines de policiers et de membres des unités spéciales ont participé à la traque de Moataz Hejazi. Il s'était réfugié dans la maison familiale avant d'être cerné sur la terrasse d'un immeuble voisin.

Selon des habitants du lieu, M. Hejazi avait été emprisonné pendant 11 années et libéré en 2012. Son père et son frère ont été arrêtés. Le mouvement palestinien Hamas et le Jihad islamique ont salué l'agression commise contre Yehuda Glick. Ils ont qualifié Moataz Hejazi de «martyr qui a répondu à l'appel divin en défendant la mosquée Al Aqsa».

Organisations de colons

La tension est montée dans la partie orientale de Jérusalem depuis cet été, surtout dans les quartiers d'Abou Tor et de Silouan. Des affrontements nocturnes s'y déroulent régulièrement entre forces de sécurité israéliennes et manifestants palestiniens.

Cette tension est alimentée par les installations de colons juifs dans des quartiers majoritairement arabes de la ville et par les pèlerinages de juifs orthodoxes, parfois sous protection policière, au Mont du Temple, où se trouvent la mosquée Al Aqsa et le Dôme du rocher.

Les organisations de colons israéliens ont acquis une vingtaine d'immeubles à Silouan, dont neuf au cours des trois derniers mois, pour y installer des familles. Environ 500 colons vivent au milieu de 40'000 Palestiniens.

«Terrorisme d'Etat»

A l'annonce de l'agression contre M. Glick, des groupes de l'extrême droite israélienne ont appelé leurs sympathisants à se rendre à la mosquée Al Aqsa, contraignant les forces de sécurité israéliennes à fermer l'accès à l'esplanade.

La Jordanie a accusé Israël de «terrorisme d'Etat». Son ministre des Affaires islamiques et des Biens religieux, Hayel Daoud, a exhorté «les Etats du monde épris de paix à aider la Jordanie à faire pression sur les autorités de l'occupation afin qu'elles lèvent le blocus terroriste» imposé à l'esplanade des Mosquées. (afp)

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