Actualisé 20.03.2011 à 23:21

Ski alpinIvica Kostelic savoure un sacre bien mérité

Le Croate s'est adjugé le globe du slalom et celui du classement général. Entre revanche, hommage
et larmes.

par
Jean-Philippe Pressl-Wenger
Lenzerheide

Très ému, le vainqueur du classement général de la Coupe du monde a commencé par rendre un hommage appuyé à sa sœur Janica, lauréate de trois grands globes et qui le suit partout sur le circuit.

A 31 ans, Ivica Kostelic est fier d'être devenu le premier Croate à damer le pion à toutes les traditionnelles nations de ski. «Je ne suis pas vraiment surpris, mais je ne suis pas objectif, a commencé «Ivo». Venir de Zagreb et remporter la Coupe du monde de ski alpin, cela reste un message intéressant pour tous ceux qui pensent que leurs rêves sont impossibles. On peut tout conquérir.»

Kostelic, 18e du slalom de samedi à Lenzerheide, a rappelé que pour réussir, il faut de la neige et de l'argent. Le fait d'avoir débuté sans l'une ni l'autre n'a pas empêché sa famille de fêter de nombreux titres. Les louanges ont ensuite fait place à un sentiment de revanche. Son père et entraîneur, Ante, a reproché à la FIS de favoriser les grandes nations du ski (Autriche, Suisse, Italie, etc.) en leur offrant la possibilité de tracer plus de manches que les autres.

Aligné dans toutes les disciplines, le Croate a reconnu que ses batteries étaient à plat. Il a aussi livré une explication à la baisse de régime de ses poursuivants dans la lutte pour le général. «Le corps produit tellement d'adrénaline à chaque course que notre système hormonal se dérègle et qu'il n'est plus possible de tenir le rythme. Mais ce n'est qu'une hypothèse.»

Annulations

Les finales de la Coupe du monde de Lenzerheide ont connu leur épilogue hier, enfin sous le soleil. La station grisonne a dû faire face toute la semaine à une météo capri­cieuse qui a forcé les organisateurs à annuler quatre épreuves sur les neuf inscrites au programme. Les slaloms ont certes eu lieu, mais ils ont été raccourcis et disputés sur une piste en mauvais état, voire dans le brouillard pour les messieurs. «Malgré tout, nous avons prouvé que même avec ce genre de problèmes, nous étions capables d'offrir du spectacle», a tenté de se rassurer l'ancien skieur et président du comité d'organisation de ces finales Silvano Beltrametti.

Réactions

Marc Gini (4e): Ce résultat est fantastique et me donne du courage pour la saison à venir! A Bansko, je sentais déjà que j'avais des bonnes sensations. Aujourd'hui, avec ce brouillard, la visibilité était quasiment nulle. J'ai plus dû skier sur mes sensations que sur ce que je pouvais deviner du terrain.

Reto Schmidiger (8e): Face à cette forêt de piquets, j'y suis allé sans trop réfléchir. C'est dommage que la saison s'arrête déjà, car je me sens encore très au point physiquement.

Jean-Baptiste Grange (Fr/éliminé): Quand on joue le globe, c'est toujours énervant de sortir, ça laisse des regrets mais c'est une saison plus que magnifique. J'ai connu pas mal de dents de scie cette saison. Difficile de jouer un globe dans ces conditions quand on revient de blessure. Je commençais à fatiguer nerveusement.

Jean-Philippe Pressl-Wenger, Lenzerheide

Maria Riesch, lauréate de la Coupe du monde

«C'est à elle de faire le pas vers moi»

Toute ma préparation a été planifiée autour de cet objectif et, à part quelques courses, ma saison a été parfaite. C’est un rêve qui se réalise. J’ai déjà des titres olympiques et mondiaux, et ce grand globe me manquait. Je pourrai skier plus libérée la saison prochaine. On ne peut pas toujours tout gagner. Lindsey (n.d.l.r.: Vonn) m’a tout juste félicitée avant le podium, mais c’est tout. Elle a gagné ces trois dernières années, mais cette fois, c’est à elle de venir vers moi. Pour réaliser de bonnes performances, je crois qu’il faut être heureuse dans sa vie privée, et je le suis. Je vais me marier dans

quatre semaines à Kitzbühel.

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