Fribourg : «J'ai 35 ans et j'apprends encore à écrire»

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Fribourg «J'ai 35 ans et j'apprends encore à écrire»

Pour pouvoir changer d'orientation professionnelle, un ancien maréchal-ferrant glânois s'est mis à l'écriture sur le tard. Le trentenaire dyslexique s'est confié à «La Gruyère».

par
apn
Sujet presque tabou, l'illetrisme frappe 16% des Suisses.

Sujet presque tabou, l'illetrisme frappe 16% des Suisses.

Armé de courage et d'abnégation, Marco Wüst, un Glânois de 35 ans, est sur le point de franchir une barrière qu'il pensait insurmontable. Ancien maréchal-ferrant, il ne pouvait pas écrire correctement en français à la fin de sa scolarité obligatoire. Il en fut ainsi jusqu'à ses 32 ans.

Dans un poignant témoignage livré au journal «La Gruyère», cet homme dyslexique explique le combat qu'il mène depuis trois ans pour pouvoir enchaîner les lettres jusqu'à concocter des phrases cohérentes et correctes.

Se débrouiller sans l'écriture

Dès le début de sa scolarité obligatoire, Maro Wüst souffre d'un trouble qui l'empêche d'identifier les lettres: la dyslexie. «Vers la cinquième ou sixième année primaire, j'ai décidé que j'allais me débrouiller sans le français», a-t-il déclaré à «La Gruyère».

Lecteur du journal Le Monde

A l'âge de 30 ans, des pépins physiques le contraignent à arrêter son travail de maréchal-ferrant. Il fait alors des veilles de nuit dans une structure fribourgeoise. Décidé à suivre une formation d'éducateur social, il a commencé à suivre des cours auprès de l'Association Lire et écrire. «Entre 32 ans et 35 ans, mon évolution est énorme: j'écris plus vite et je deviens plus pertinent», a-t-il révélé au journal gruyérien. Lecteur assidu du quotidien «Le Monde», Marco Wüst rêve de pouvoir écrire un livre.

Selon une étude de l'association Lire et écrire, 16% des Suisses sont illétrés. Ce qui a un coût économique annuel d'environ un milliard de francs en indemnités de chômage et pertes de revenus ou de recettes fiscales.

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