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«J'ai besoin de vous», lance Sarkozy aux ouvriers

«J'ai besoin de vous», a lancé samedi Nicolas Sarkozy aux ouvriers de l'usine métallurgique Vallourec-Mannesmann à Saint-Saulve (Nord), près de Valenciennes.

Se présentant comme le «candidat de la France qui bosse dur», il a renouvelé sa proposition de «travailler plus pour gagner plus» et s'est engagé à lutter contre les délocalisations.

«Je veux être le candidat de la France qui travaille, (...) de la France qui bosse dur», a expliqué le candidat de l'UMP après avoir rapidement visité cette usine qui fabrique des tuyaux pour l'industrie pétrolière. «J'ai besoin de vous» et «je vous demande de faire confiance», a-t-il lancé devant plusieurs dizaines d'ouvriers portant casque et lunettes de protection.

«J'ai voulu mettre toute ma campagne présidentielle sous le signe du respect du travail et des travailleurs et sous le signe du maintien des usines», a-t-il souligné, évoquant à plusieurs reprises la «tradition ouvrière». «Les usines, c'est beau, c'est utile», a encore dit Nicolas Sarkozy, un brin lyrique.

Il a ainsi renouvelé son engagement de se battre pour «protéger les ouvriers des délocalisations», et en particulier «pour que la métallurgie reste en France».

Nicolas Sarkozy a surtout voulu «poser clairement la question du pouvoir d'achat». Devant un parterre d'ouvriers payés environ 1200 euros par mois pour faire les trois huit, il a assuré qu'il savait «très bien qu'on ne vit pas» avec un tel salaire. «Les RTT, ça sert à rien quand on n'a pas d'argent pour payer des vacances à sa femme et à ses enfants», a-t-il ajouté.

«Eux, là-haut, ils ne peuvent pas comprendre», a jugé le candidat, qui a eu quelques accents populistes. Mais quand il a répété qu'il proposait de «travailler plus pour gagner plus», il n'a déclenché que quelques hochements de tête discrets et des grimaces. «C'est quand qu'on va travailler plus?», l'a interpellé un syndicaliste CGT, qui a expliqué que les ouvriers travaillent déjà 40 heures par semaine et que les heures supplémentaires ne leur sont pas payées, mais obligatoirement récupérées.

«Ce qu'il faut, c'est revaloriser les salaires tout de suite», commentaient quelques ouvriers après l'allocution du candidat. «Moi, à la fin du mois, il ne me reste pas 400 euros», calculait l'un d'eux.

Nicolas Sarkozy a également renouvelé son engagement de parvenir au plein emploi, soit à un taux de chômage de 5% contre 8,3% aujourd'hui. «C'est un engagement», a-t-il dit. «Je ne veux pas qu'il y ait un assisté qui puisse gagner autant qu'un travailleur», a ajouté le candidat, avant de promettre que «ceux qui n'ont pas de boulot, on va les mettre au travail, on va leur donner une formation». Visitant une école de Valenciennes, il s'était auparavant engagé à trouver «un emploi ou une formation» aux jeunes vivant en zones urbaines sensibles (ZUS) «avant la fin 2007». «Ca coûtera moins cher que de laisser ces 230 000 jeunes condamnés à l'oisiveté», a-t-il jugé.

Interrogé sur le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou qui se déroulait au même moment dans un grand hôtel parisien, il les a accusés de faire «une petite réunion» «pour essayer de voler aux Français leur deuxième tour. «Nous, on est avec Jean-Louis Borloo sur le terrain pour aller à la rencontre des Français», a-t-il déclaré lors d'un déplacement à Valenciennes, ville dont M. Borloo, ministre de la Cohésion sociale, a été le maire. «C'est une belle symbolique».

Sans évoquer directement ce débat, il a invité les ouvriers de Vallourec à «ne pas (se) laisser voler» le second tour de la présidentielle». «C'est le peuple français qui fait l'élection», a insisté Nicolas Sarkozy à la «majorité silencieuse». (ap)

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