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Drame d'Allinges (F)«J'ai dû lui dire que sa meilleure amie était morte»

Des témoignages bouleversants des victimes du drame d'Allinges, en 2008, ont ému le tribunal, au cinquième jour du procès de cette tragédie dans laquelle sept enfants ont perdu la vie.

par
Henri Della Casa
La collision entre le car scolaire et un train a fait sept victimes.

La collision entre le car scolaire et un train a fait sept victimes.

Si sept lycéens ont été arrachés à la vie ce 2 juin 2008, le drame survenu sur un passage à niveau à Allinges a entaché l'existence de bien plus d'enfants. Depuis lundi, les élèves présents dans le car scolaire heurté par un train ainsi que leurs parents font part des séquelles avec lesquelles ils survivent depuis maintenant cinq ans. «J'ai vu un brancard passer devant moi, a dit Guillaume, lycéen à bord du bus. Il y avait quelqu'un sous un drap blanc. Une image que je n'oublierai jamais, c'est cette cheville avec une basket qui dépassait du drap.»

La mère de Linda, la collégienne la plus gravement blessée dans l'accident, a elle raconté le moment où sa fille est sortie de son coma. «Elle m'a demandé comment allait sa copine Natacha. Les médecins m'ont dit que c'était mieux que je le lui dise moi-même: j'ai dû lui annoncer que sa meilleure amie était décédée». Linda vit aujourd'hui avec un corps meurtri par les blessures. La jeune fille, projetée à plus de 20 mètres étant donné qu'elle se trouvait dans l'épicentre de l'impact, s'est remémoré les instants de camaraderie qui ont précédé le drame. Après, le néant.

Familles clémentes avec le chauffeur

La litanie de ses cicatrices énoncée par le président de la Cour correctionnelle a finalement eu raison d'une camérawoman, qui a fait un malaise.

Ce qui frappe également dans ce procès, c'est le pardon accordé au chauffeur du car par la plupart des familles. Ce dernier, qui a lui aussi fait un malaise lundi, a passé la nuit en observation à l'hôpital. Il est prévenu d'homicide involontaire. La SNCF et Réseau ferré de France figurent aussi au banc des accusés.

«J'étais choquée hier de voir les représentants des personnes morales prévenues la tête dans leur dossier, alors que les familles témoignent», a regretté la maman de Marion, blessée dans le crash.

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