Berne: «J'ai dû me déshabiller au poste de police»
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Berne«J'ai dû me déshabiller au poste de police»

Plusieurs manifestants - arrêtés samedi à Berne en marge de l'élection de Miss Suisse 2014 - critiquent la manière dont ils ont été traités par la police. La justice se penche sur l'affaire.

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Mira Weingartner/ofu/ats

Des manifestants ont protesté samedi en marge de l'élection de Miss Suisse 2014. Ils voulaient se dresser contre le sexisme et l'exhibitionnisme liés à ce genre de concours. La police a procédé à vingt interpellations, parmi lesquelles figurent neuf jeunes socialistes et sept mineurs. Selon la Jeunesse socialiste (JUSO), cette intervention policière était «disproportionnée».

Le témoignage d'une manifestante de 17 ans semble donner raison à la JUSO. «J'ai dû complètement me déshabiller au poste de police. Lorsque j'ai demandé à aller aux toilettes, une personne s'est postée à côté de moi pour me surveiller. Elle riait en se moquant de moi», raconte la jeune fille. Elle et les dix-neuf autres personnes interpellées ont subi des fouilles corporelles.

«J'ai été choqué!»

Ces arrestations inquiètent les politiciens bernois. Deux d'entre eux comptent déposer des interpellations au cours des prochains jours. Ainsi, la conseillère communale Seraina Patzen souhaite que les autorités bernoises prennent position. Au niveau cantonal, c'est le membre du Grand Conseil Hasim Sancar qui demande des explications: «J'ai été choqué lorsque j'ai appris ce qui s'était passé dans la nuit de samedi à dimanche!» Selon lui, le comportement des policiers avait pour seul but d'humilier les manifestants.

La police cantonale bernoise prend ces accusations très au sérieux: «Nous avons décidé d'évaluer si le comportement des agents était correct ou non.» Le commandant a demandé à la justice bernoise de se pencher sur l'affaire. «Il s'agit désormais de déterminer si les fouilles corporelles étaient justifiées ou non», affirme de son côté Jonas Weber, professeur en droit pénal à l'Uni de Berne. «Cette mesure se justifie uniquement si les agents ont de bonnes raisons de croire qu'un crime a été commis. La fouille se justifie aussi si elle permet d'éviter un crime.»

Malgré ces incidents et ces critiques, l'élection devrait continuer à se dérouler dans la ville fédérale, ont indiqué jeudi les organisateurs, qui ont tiré un bilan positif de l'événement. Interrogé par l'ats, le maire Alexander Tschäppät a dit pour sa part que le Conseil municipal souhaitait d'abord analyser les points positifs et les points négatifs avant de se prononcer sur la suite.

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