Actualisé 29.03.2017 à 20:13

Suisse

«J'ai dû payer cher pour récupérer mes oeuvres»

Un galeriste a dû débourser plus de 1000 fr. à une société de revente d'objets trouvés pour récupérer ses sérigraphies.

de
Yannick Weber
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Un galeriste a dû débourser plus de 1000 fr. à une société de revente dobjets trouvés pour récupérer ses sérigraphies.

Un galeriste a dû débourser plus de 1000 fr. à une société de revente dobjets trouvés pour récupérer ses sérigraphies.

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François* est hors de lui. En juillet 2014, il devait s'envoler pour Toulouse. «Sur le chemin de l'aéroport, j'ai oublié des sérigraphies en changeant de train à Cornavin.» Il a tout de suite signalé cette perte aux CFF, mais ne les retrouvera jamais.

Le parcours des œuvres est teinté de mystère: la société Swissport les a retrouvées dans la zone de transit de l'aéroport de Cointrin. Après trois mois sans réclamation, elles ont été cédées à Fundsachenverkauf, firme qui revend les objets trouvés et non restitués de compagnies de transports publics. Le nom de la galerie a beau figurer sur les sérigraphies, l'entreprise n'a pas pour mission d'en chercher le propriétaire et les a donc expédiées à son magasin de Zurich.

Fait cocasse: pendant plus de deux ans, les images étaient stockées à quelques pas de la galerie zurichoise de François. Préparant une expo «d'art perdu», Fundsachenverkauf l'a contacté le mois dernier pour faire appel à son expertise. Se retrouvant ainsi face à ses œuvres après trois ans, il exige leur restitution.

On lui propose un arrangement contre 500 fr. de frais administratifs. Il refuse de payer le moindre centime et appelle un avocat. Le ton monte. La facture passe à 1000, puis 1100 francs. De guerre lasse et pour éviter plus de frais, il finit par payer. Ses œuvres lui ont enfin été renvoyées par la poste... en mauvais état. «Elles sont inutilisables», se désole François.

* Prénom d'emprunt

Biens culturels protégés

L'entreprise se considère dans son bon droit. Légalement, passé le délai d'un an, elle peut revendre un objet perdu qu'elle possède. Mais elle dit privilégier sa restitution. Le galeriste objecte: «Une oeuvre d'art n'est pas soumise aux mêmes règles qu'un parapluie!» Selon Anne Laure Bandle, chargée de cours à la faculté de droit de l'Université de Fribourg, «le Code Civil prévoit en effet un délai de trente ans pendant lequel la revendication d'un bien culturel perdu est légitime».

Et pour un Picasso oublié dans le train?

Dans le traitement des objets trouvés, les CFF et Swissport se conforment à la loi: après trois mois sans réclamation, ils les cèdent à Fundsachenverkauf. En serait-il de même pour une uvre de grande valeur? « Celles-ci sont en règle générale réclamées et rendues à leur propriétaire », indique Donatella Del Vecchio, porte-parole des CFF. Dans le cas contraire, aucune mesure n'est prévue: tout est remis à l'entreprise zurichoise.

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