«J'ai été avec Dieu, et avec le Diable»
Actualisé

«J'ai été avec Dieu, et avec le Diable»

Mario Sepulveda, le deuxième mineur libéré, a évoqué son état d'esprit pendant son calvaire de plus de 68 jours sous terre, disant avoir cotoyé «Dieu et le Diable».

«J'ai été avec Dieu, et avec le Diable», a raconté Sepulveda, aux côtés de sa femme et de ses deux enfants, dans un monologue de quelques minutes devant une caméra, et diffusé sur la télévision publique chilienne. «Je me suis bagarré avec eux».

«J'ai saisi la main de Dieu, c'était la meilleure main. J'ai toujours su que Dieu allait nous sauver», a-t-il affirmé.

Le mineur de 39 ans, un peu agité, visiblement ému, et qui parlait sans s'interrompre, a aussi demandé qu'on ne traite pas les 33 «comme des artistes ou des journalistes, s'il vous plait. Je veux qu'on me traite comme un mineur».

«Je veux continuer à être traité comme le Mario Antonio Sepulveda, travailleur, mineur», a-t-il poursuivi. «Je veux continuer de travailler parce que je crois que je suis né pour mourir sous le joug. Et fier de mon éducation».

Appel au changement

Le mineur a lancé un appel «a des changements dans le monde du travail, qui ne peut rester comme il l'est actuellement», a-t-il estimé sans plus de précisions.

Sepulveda a exprimé son immense gratitude envers les secouristes, qui d'abord ont sondé en vain pendant 17 jours le sous-sol avant de découvrir les 33 mineurs en vie, puis ont lancé une spectaculaire opération de secours logistique et médicale.

«Ils nous ont récupérés. On y a mis du nôtre, de la folie, de l'expérience, de notre coeur de mineur, mais les professionnels ont mis tout le reste», a estimé Sepulveda. «C'est incroyable qu'à 700 mètres ils nous aient récupérés...»

Le mineur a fini son monologue par une réflexion: «La vie m'a traité durement, mais j'ai appris...»

Sepulveda, deuxième des mineurs à être secouru aux premières heures de mercredi, est le premier à faire une déclaration. Il devait être par la suite transféré par hélicoptère à l'hôpital de Copiapo, à un quart d'heure de vol, pour 48 heures d'examens médicaux complets. (afp)

Ton opinion