Actualisé 02.04.2013 à 18:50

France«J'ai été pris dans une spirale du mensonge»

Après avoir reconnu la détention d'un compte à l'étranger ce mardi, l'ancien ministre français du Budget a été mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale.

L'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac a confessé mardi sur son blog avoir eu un compte à l'étranger depuis environ vingt ans. Il a été entendu mardi après-midi par les juges d'instruction chargés de l'enquête sur ses comptes présumés en Suisse et à Singapour. Selon «le Canard Enchaîné», il aurait avoué aux juges qu'il était toujours titulaire dans une banque à Singapour d'un compte affichant un solde de plus de 500'000 euros ouvert dans une succursale de l'établissement suisse Reyl et Cie, après avoir fermé un premier compte à la banque UBS en Suisse à la fin des années 2000.

Le communiqué de Jérôme Cahuzac:

«Par lettre du 26 mars 2013, j'ai demandé à Messieurs les juges d'instruction Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke de bien vouloir me recevoir afin que, délivré des obligations de ma fonction, je puisse enfin donner les explications qui s'imposent au regard de la détention à l'étranger d'un compte bancaire dont je suis le bénéficiaire depuis une vingtaine d'années.

J'ai rencontré les deux juges aujourd'hui. Je leur ai confirmé l'existence de ce compte et je les ai informés de ce que j'avais d'ores et déjà donné les instructions nécessaires pour que l'intégralité des actifs déposés sur ce compte, qui n'a pas été abondé depuis une douzaine d'années, soit environ 600'000 €, soient rapatriés sur mon compte bancaire à Paris. A Monsieur le Président de la République, au Premier Ministre, à mes anciens collègues du gouvernement, je demande pardon du dommage que je leur ai causé. A mes collègues parlementaires, à mes électeurs, aux Françaises et aux Français j'exprime mes sincères et plus profonds regrets. Je pense aussi à mes collaborateurs, à mes amis et à ma famille que j'ai tant déçus.

L'enregistrement attribué à Jérôme Cahuzac

J'ai mené une lutte intérieure taraudante pour tenter de résoudre le conflit entre le devoir de vérité auquel j'ai manqué et le souci de remplir les missions qui m'ont été confiées et notamment la dernière que je n'ai pu mener à bien. J'ai été pris dans une spirale du mensonge et m'y suis fourvoyé. Je suis dévasté par le remords. Penser que je pourrais éviter d'affronter un passé que je voulais considérer comme révolu était une faute inqualifiable. J'affronterai désormais cette réalité en toute transparence.»

Jérôme Cahuzac, qui avait toujours affirmé être innocent, a démissionné de son poste le 19 mars, après que le parquet a annoncé l'ouverture d'une information judiciaire pour blanchiment de fraude fiscale sur cette affaire. Elle est d'autant plus explosive que l'ancien ministre avait fait de la lutte contre l'évasion fiscale un de ses chevaux de bataille. (afp)

«Faute morale impardonnable»

Le président François Hollande a dénoncé une «faute morale impardonnable» de son ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, qui a avoué mardi posséder un compte à l'étranger juste avant une inculpation par la justice française pour blanchiment de fraude fiscale. «En niant l'existence de ce compte devant les plus hautes autorités du pays ainsi que devant la représentation nationale, il a commis une impardonnable faute morale», a déclaré la présidence française dans un communiqué.

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