Argovie: «J'ai été tabassé parce que je suis gay»
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Argovie«J'ai été tabassé parce que je suis gay»

Un jeune homme a été attaqué mardi soir, lors d'une fête de carnaval, à Möhlin (AG). Il est persuadé que son orientation sexuelle y est pour quelque chose.

par
lha/ofu
L'Alémanique a subi des contusions au visage.

L'Alémanique a subi des contusions au visage.

Leser-Reporter

C'était censé être une soirée détendue, mais la fête de carnaval de Möhlin (AG) a connu une fin douloureuse pour Yannick*. L'Argovien de 28 ans a assisté mardi soir à un concert de Guggenmusik avec sa soeur avant de continuer à faire la fête dans une grande tente installée dans la rue principale de la localité. Le jeune homme s'était déguisé en ange, ce qui lui a valu des commentaires déplacés de la part de certains carnavaliers. «J'assume entièrement le fait d'être gay. C'est d'ailleurs ce que j'ai dit aux personnes qui m'ont critiqué», explique-t-il à «20 Minuten».

«Ça fait terriblement mal»

Mais il semble qu'un groupe de jeunes hommes se soit senti provoqué par sa franchise. «Fais gaffe! Nous t'attendons dehors», l'a menacé un d'entre eux. Or Yannick ne s'est pas laissé intimider et a continué sa soirée. Mais au moment de rentrer chez lui, il a décidé d'emprunter une autre sortie par mesure de précaution. «Ils m'ont quand même retrouvé. Tout s'est passé si vite. Je suis tombé par terre. Ensuite, je me rappelle uniquement de l'ambulance.» Aux urgences de l'hôpital de Rheinfelden (AG), les médecins ont diagnostiqué une fissure au nez et des contusions au visage. «Ça fait terriblement mal.»

Contactée par nos confrères, la police cantonale argovienne confirme l'agression. Elle précise que Yannick a trois mois pour porter plainte contre ses agresseurs. «C'est définitivement ce que je vais faire», a-t-il assuré mercredi matin. Il est persuadé d'avoir été tabassé uniquement parce qu'il est gay. «Nous sommes au XXIe siècle. C'est extrêmement triste que des choses pareilles se produisent encore de nos jours.»

«Ils étaient plus jeunes que moi»

Quant à ses agresseurs, il est impossible de savoir s'ils seront un jour appréhendés. «C'était un groupe d'hommes, mais seul un d'entre eux m'a frappé. Ils étaient plus jeunes que moi.»

* Nom connu de la rédaction

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