Genève: «J'ai eu très peur, j'ai cru que j'allais mourir!»
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Genève«J'ai eu très peur, j'ai cru que j'allais mourir!»

Les hommes attaqués au cutter la semaine passée ne comprennent pas pourquoi leur agresseur est libre. La justice donne des explications.

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Marine Guillain/jef
K. a pu rentrer chez lui lundi, après une semaine d'hospitalisation.

K. a pu rentrer chez lui lundi, après une semaine d'hospitalisation.

«Les victimes sont à l'hôpital et l'assaillant se promène dehors. Vous trouvez ça normal?» Dans son lit, K. récupère de ses blessures: au ventre, à la jambe, à la main et à la tête. Plus grièvement touché, son ami se trouve encore aux soins intensifs. A l'origine de cette situation, une nébuleuse embrouille de quartier.

Mardi dernier, une rixe a opposé trois quinquagénaires aux Pâquis. Deux hommes ont reçu chacun six coups de couteau. «Je suis tombé à terre et me suis défendu en donnant des coups de pied, raconte K. J'ai eu vraiment très peur, j'ai cru que j'allais mourir.» Il explique que son assaillant est un habitant du quartier, qu'il connaît depuis trente ans. Selon lui, il était jaloux de son succès professionnel et lui envoyait des messages d'insultes et des menaces de mort.

Après la bagarre de mardi, l'agresseur s'était rendu de lui-même au poste de police. «Il a été entendu par les agents et par le procureur, puis laissé libre», indique le Ministère public. De manière générale, si le magistrat estime qu'il n'y a pas de risque de récidive, de fuite ou de collusion, le suspect est relâché dans l'attente d'une décision de la justice.

C'est ce qui s'est passé dans le cas présent. Une situation qui choque K. Il a demandé que son nom ne soit pas inscrit sur la porte de sa chambre d'hôpital, de peur que son ennemi ne le retrouve. «Je vais quitter Genève s'il ne va pas en prison, je ne peux pas vivre dans ces conditions», se désespère-t-il.

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