«Switzerlanders»: «J'ai la chance de vivre dans une carte postale»
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«Switzerlanders»«J'ai la chance de vivre dans une carte postale»

Habitante de la Côte vaudoise, Elisabeth Desmeules ne passe pas un jour sans être émerveillée par le paysage qui l'entoure.

par
Sophie Zuber

«Asseyez-vous. J'ai du temps et je vous l'offre volontiers.» Installée sur la terrasse de l'Auberge communale de son village, Elisabeth Desmeules met tout de suite à l'aise. A presque 70 ans, cette habitante d'Etoy, qui se décrit comme étant très spontanée, n'attend rien d'autre de la vie que d'être émerveillée chaque jour.

Mère de deux filles, cette femme affairée a trouvé son havre de paix sur la Côte vaudoise, il y a de cela quelques années. «Ayant vécu durant vingt ans à Hambourg, j'ai également eu la chance de voyager dans le monde entier. Et rien ne me rend plus heureuse que d'habiter dans cette carte postale vivante. J'en suis certaine: je ne quitterai la région pour rien au monde.»

«Le Valais est taillé dans mon âme»

Pour cette amoureuse de la nature, la définition du luxe se résume en un mot: silence. Et il est d'or, surtout à Aminona, où se trouve son petit chalet. Alors, entre ses deux communes de prédilection, son cœur balance. «Je monte lorsque j'ai besoin de me ressourcer. Le Valais est taillé dans mon âme», confie-t-elle. Désormais, l'agitation des cités, très peu pour celle qui n'a pas mis les pieds à Lausanne depuis deux ans: «Quel intérêt de le faire? On a tout ici! Si on veut aller en ville, on peut se rendre à Morges, qui est aussi très agréable.»

Conseillère en ameublement à la retraite, Elisabeth a toujours pris plaisir à faire en sorte que les gens se sentent bien chez eux. «J'aime prendre soin des autres depuis petite. Ce métier, c'était mon rêve.» Durant sa longue carrière, l'Etierruze a eu l'occasion d'aménager un nid douillet à de nombreuses célébrités venues s'installer dans la région. Discrétion oblige, elle taira leur nom, même si elle n'est contractuellement plus obligée de le faire. «Ils sont connus mais méritent la discrétion.» Voilà une qualité propre à cette Suisse qu'elle chérit.

«Une biodiversité incroyable»

Très présente pour ses petits-enfants pour lesquels elle s'implique beaucoup, Elisabeth ne néglige pas sa passion pour autant: faire de longues balades quotidiennes. «J'adore me balader à l'Arboretum d'Aubonne, qui a une biodiversité incroyable.» Et le fait que le parc botanique ait mis dernièrement en place une entrée payante n'aura pas raison de son entrain. «Cela fait cinquante ans qu'il existe. Aujourd'hui, il est menacé, faute de moyens. Il faut tout faire pour le préserver.» Même discours engagé en ce qui concerne le patrimoine historique de la région: «De nombreuses communes possèdent leur propre château. Il ne faut pas oublier ce qui nous raccroche au passé.»

Même si les vestiges d'antan ont leur importance, celle qui dit avoir «roulé sa bosse» regarde continuellement vers l'avenir et adore les échanges intergénérationnels: «J'aime être au contact les jeunes, je trouve que l'on doit les soutenir au lieu de les critiquer. Chaque génération a ses propres enjeux.» Son combat à elle, c'est que la Suisse ne perdre pas son identité. Et c'est sur la plage de Rolle, où elle a toujours le souffle coupé par la vue imprenable sur les Alpes, qu'Elisabeth se sent propice à parler des valeurs helvétiques: «Nous, Vaudois, nous avons la réputation de ne pas oser prendre de décisions. Or, savoir donner son avis est une grande force. Nous votons parfois par la peur de l'extérieur et nous oublions que nous tirons un trait sur des libertés durement acquises et notre devoir est de préserver notre patrimoine.»

«Valse des navires»

Au loin, un bateau de la CGN quitte le port de la Perle du Léman, un spectacle dont elle ne se lassera jamais. «Cette valse des navires fait partie intégrante du paysage et il faut contribuer à la sauvegarder. On ne se rend pas compte de la chance qu'on a.» Avoir le courage de ses opinions, écouter sans juger et avancer ensemble, telles sont les maîtres-mots qu'Elisabeth a gravés en elle. «Et surtout, je me suis donné un but: celui de ne plus jamais me refuser quoique ce soit», sourit-elle avant mettre les voiles vers la plage de Perroy, lieu qui lui promet, lui aussi, un panorama unique.

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