Procès à Genève: «J'ai la tête complètement défoncée»
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Procès à Genève«J'ai la tête complètement défoncée»

Laissé pour mort la tête fracassée il y a un an et demi, un Biélorusse a demandé à la Cour d'assise que justice soit faite.

par
Shahïn Ammane
(Photo: sha)

(Photo: sha)

L'ambiance est lourde. Le crâne déformé par la violence des coups de marteau reçus, aveugle de l'œil droit, la gorge nouée, V. raconte comment il a survécu à une boucherie. Il pointe son compatriote biélorusse, un gaillard patibulaire assis dans le box des accusés. Trapu, le visage carré barré par d'épais sourcils, cheveux blonds coupés court qui se terminent par une fine queue de cheval, l'inculpé a tout pour faire peur. Surtout lorsqu'on dépeint la folie meurtrière qui s'est emparée de lui, une nuit de mars 2009 au centre-ville. Pas moins de 8 coups de marteau portés, pour une cause inconnue, sur la tête d'un homme assoupi à son domicile.

Pour ce premier jour d'audience (trois sont requis) les débats tournent autour de la situation de la victime. Qui est-elle vraiment? Les théories et hypothèses se succèdent. La défense peint le diable sur la muraille: ancien agent des services secrets biélorusses venu en Suisse pour une sombre affaire de mariage blanc ou de business, travailleur au noir à ses heures, violent sous l'emprise de l'alcool avec des tendances homosexuelles...

Tout un cocktail qui pourrait expliquer le passage à l'acte: «Le soir même, n'avez-vous pas proposé à votre compatriote de le sodomiser?» demande la défense. V. ne tient plus: «Je proteste, est-ce mon procès que l'on tient?» vocifère-t-il, avant d'ajouter: «Ce que j'ai enduré, je ne le souhaite à personne, pas même à mon agresseur. J'ai la tête complètement défoncée. A mon réveil à l'hôpital, les médecins avaient cousu mon cuir chevelu pour cacher ma cervelle...» La suite ce jeudi.

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