Actualisé 20.05.2014 à 16:10

Festival de Cannes«J'ai passé un mois dans un asile pour amnésiques»

Gong Li est l'héroïne de «Coming Home» de Zhang Yimou, présenté mardi en sélection officielle hors compétition et qui sortira sur les écrans de Suisse romande en décembre 2014.

L'actrice chinoise nous a reçu dans une chambre de l'hôtel Martinez, à Cannes.

L'actrice chinoise nous a reçu dans une chambre de l'hôtel Martinez, à Cannes.

Elle est une figure aimée du festival. Une habituée dont la filmographie jalonne les éditions depuis les années 1990. A 48 ans, Gong Li est autant l'égérie du cinéma chinois que de L'Oréal. Le long métrage qu'elle défend cette année a été réalisé par son ex-compagnon.

Dans «Coming Home», vous campez une amnésique. Comment vous y êtes-vous préparée?

Gong Li: Ce rôle est issu de l'adaptation d'un roman de Yan Geling, qui est très célèbre en Chine. Je l'ai donc lu à la demande du réalisateur. Avant le tournage qui a duré quatre mois à Pékin, je me suis rendue un mois dans un asile spécialisé dans les cas d'amnésie légère. J'ai ainsi pu comprendre ce que les patients ressentaient et observer leur comportement.

Qu'en avez-vous retiré sur le plan personnel?

Davantage que d'un point de vue personnel, je veux témoigner d'une urgence sanitaire. Ces personnes ont besoin de l'aide du gouvernement chinois. La politique de l'enfant unique fait que les parents ne peuvent compter sur un soutien familial. La maladie est dégénérative, incurable et le nombre de malades est en augmentation.

Qu'aimez-vous le plus dans le travail de Zhang Yimou?

C'est un homme fait pour le cinéma. Il est déterminé et va au bout de ses rêves. Par ailleurs, il a une sensibilité particulière pour dépeindre les personnages féminins que je ne retrouve chez aucun autre cinéaste. Sa capacité à se mettre à la place d'une femme et à voir le monde à travers son regard est un don.

Quitte à présenter une belle femme sous un jour peu flatteur!

Ce n'est pas le côté hard de la vie qu'il cherche à montrer mais l'amour. Je préfère jouer des personnages qui sont éloignés de ce que je suis dans la vie car il y a là un véritable de défi.

Et votre vie quotidienne c'est quoi, du glamour?

Oh non non non! (Elle rit) Je fais le marché avec mon petit caddie, comme tout le monde.

Et les paillettes de Cannes, ça vous plaît?

Le festival est une occasion unique de mettre en valeur tous les métiers du cinéma. C'est en cela que les paillettes sont nécessaires. Je suis consciente qu'il s'agit d'une fabrique de rêves éphémères. Ma vie est très différente de cela et j'apprécie les deux côtés.

Hollywood est aussi une usine à rêves. Mais vous avez beaucoup attendu avant d'y travailler. Pourquoi?

Parce qu'autrefois la Chine était fermée et parce que longtemps le cinéma américain ne se souciait pas de représenter la diversité ethnique. Je focalise mon attention sur le rôle et Hollywood cherche trop souvent des actrices asiatiques pour leur beauté exotique et non pour donner vie à un vrai personnage. On m'a, par exemple, proposé de jouer une «Bond girl» et j'ai décliné l'offre.

Qu'avez-vous retenu de Hollywood?

L'industrie du cinéma y est différente qu'en Chine. J'ai découvert avec stupéfaction qu'aux Etats-Unis, il y a des syndicats pour chaque corps de métier et des lois qui protègent les travailleurs. Donc j'ai enfin pu avoir mes week-ends. En Chine, s'il y a six mois de tournage, c'est sans interruption et pas un jour de congé.

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