Essai clinique fatal: «J'ai tenté de le dissuader d'y aller»
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Essai clinique fatal«J'ai tenté de le dissuader d'y aller»

Au mois de janvier, un quadragénaire a perdu la vie lors d'un essai clinique qui a mal tourné à Rennes. Le frère de la victime revient sur ce drame, et exige des réponses.

par
joc

En janvier dernier, un essai clinique mené à Rennes virait au drame, faisant un mort. Laurent Molinet, frère de la victime, s'est confié au «Parisien». L'homme explique qu'il attend toujours des réponses concernant le décès de Guillaume, et qu'il s'interroge sur le lien avec la molécule BIA 10-2474 qui était testée. La famille de la victime a déposé plainte contre X au pôle santé du tribunal de grande instance de Paris. «Le 23 décembre, avant les Fêtes, il m'a dit qu'il voulait faire pour la première fois de sa vie un essai clinique. J'ai tenté de le dissuader d'y aller», raconte Laurent Molinet.

Ce dernier avait un mauvais pressentiment et craignait que son frère ne souffre d'effets secondaires. Malgré les craintes de son entourage, Guillaume a décidé d'y aller. «Pas pour une raison financière, car il ne manquait de rien, mais plutôt par curiosité, pour aider la science. Lui pensait qu'il n'y avait aucun risque», assure le Français. Guillaume Molinet a joué de malchance dans cette histoire d'essai clinique. Il n'était en effet que remplaçant, derrière six personnes qui devaient prendre le fameux médicament. «Mais ils ont passé des examens médicaux et un des titulaires a été recalé. Mon frère, lui, a été déclaré apte», regrette Laurent Molinet.

«On était catastrophés»

Laissé sans nouvelles pendant les cinq premiers jours de tests de la molécule, le quadragénaire ne s'est pas inquiété. Et puis, il a reçu un coup de fil très inquiétant de la compagne de son frère, lui expliquant qu'il était hospitalisé au CHU de Rennes. Arrivé sur place le 13 janvier, Laurent Molinet a compris que la situation était très grave: «La seule chose que l'on nous disait, c'était qu'il avait encore des activités cérébrales. On était catastrophés. Le lendemain, on nous a annoncé sa mort cérébrale. La mort clinique a été constatée le dimanche 17 janvier», raconte-t-il.

Selon Laurent Molinet, son frère était en excellente santé. «Auparavant, comme de nombreuses personnes, il lui est arrivé de fumer un peu de cannabis. Mais il avait arrêté depuis plusieurs années», assure-t-il. Guillaume Molinet avait 49 ans et avait quatre enfants. «On veut savoir ce qui s'est passé. Le laboratoire Bial cache-t-il des choses? Comment est-il possible d'autoriser l'administration de doses aussi élevées? Nous avons besoin de comprendre», conclut le Français.

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